La lecture de paysage

Qu’est ce qu’un paysage ? Selon Alain Place, guide de haute montagne et de canyonning en France, le paysage est le résultat de la rencontre entre un regard et un espace. Le paysage est donc une portion de l’espace qui se dessine sous nos yeux. Il existe parce qu’il est vu et il naît de la représentation mentale que s’en fait l’observateur.

Les paysages correspondent à une réalité physique, une portion de nature. Ils sont formés d’éléments naturels, tels que le relief, le sol, la végétation, qui sous l’influence des facteurs climatiques, forment des écosystèmes différents.
Ils résultent également de l’occupation et de l’utilisation des espaces naturels par les hommes. Ils sont les témoins de pratiques rurales traditionnelles des époques lointaines à notre époque actuelle : l’homme a toujours composé avec les éléments naturels pour occuper et aménager l’espace, créant ainsi la diversité des paysages.

La lecture de paysage sert avant tout de support à la discussion et à l’animation du groupe. Elle met en avant les connaissances du « lecteur » mais lui permet aussi de comprendre, au travers de son analyse, la situation qui s’offre à lui.

Utilisée de façon pédagogique (destinée aux enfants ou aux adultes), elle peut être le support d’un développement de la perception dans l’espace et aider à la compréhension de phénomènes naturels ou artificiels.

La synthèse de l’analyse paysagère fait intervenir les connaissances de disciplines très diverses comme la géomorphologie, la botanique, la zoologie, l’écologie des populations, mais aussi la sociologie.

Première étape de l’analyse paysagère, c’est une approche sensible du paysage, c’est-à-dire qui fait intervenir les sens plutôt que le raisonnement.

En arrivant sur un lieu, c’est tout d’abord la vue qui guide l’individu. C’est un réflexe naturel, un automatisme (sidération : saturation du cerveau). Une impression générale va se dégager du paysage que l’on découvre pour la première fois : il va nous sembler beau, calme et reposant, laid, ou monotone, etc.

La démarche devient alors active et non plus passive : on va lister les éléments du paysage, en commençant par les éléments descriptifs généraux et en allant jusqu’au détail.

Tous les sujets peuvent alors être abordés : géomorphologie, géologie, structuration du relief, étagement de la végétation, histoire, patrimoine, tourisme, impacts de l’activité humaine…

L’analyse est ponctuelle dans l’espace : les impressions et la structure du paysage que l’on a de celui-ci est différent selon l’endroit où l’on se situe.

L’analyse est également ponctuelle dans le temps, alors qu’un paysage est dynamique. Les espaces utilisés par l’homme ne sont jamais fixes, puisqu’il l’adapte en fonction de ses besoins, et ces besoins changent au cours du temps. On citera l’exemple des modifications profondes du paysage dues à la déprise agricole ou au remembrement des parcelles agricoles.

L’analyse paysagère est inévitablement subjective, puisque d’un observateur à l’autre la réflexion sera nécessairement influencée par les goûts personnels, son âge, son expérience, son métier, son intérêt pour l’aménagement ou pour la préservation des milieux naturels, etc.

En résumé : On ne peut souvent former que des hypothèses. On ne peut pas tout voir. On peut souvent se tromper…. Mais il faut se lancer !

*STAPS Font-Romeu, Renforcement randonnée pédestre.

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