Aux abords de la ville de Céret, dans la région du Vallespir, en Catalogne du Nord (France), on peut admirer un pont de pierre enjambant le fleuve Tech, remarquablement bien conservé. Datant du Moyen Âge, il fut construit au XIVᵉ siècle, entre 1321 et 1341.
Il s’agit d’un pont à arche unique qui présente une particularité historique remarquable : pendant plusieurs années, de 1341 à 1356, il fut le plus grand pont du monde (à l’exclusion des aqueducs, dont la fonction était d’acheminer l’eau et non de permettre le passage des personnes et des véhicules).
Cette œuvre d’ingénierie médiévale mesure 45,45 mètres de portée et atteint une hauteur de 22,30 mètres au sommet de son arche centrale. Elle remplaça un pont plus ancien, dont quelques pierres sont encore visibles aujourd’hui.
Il est intéressant de constater que les ouvrages essentiels au progrès de l’humanité sont souvent ceux qui résistent le mieux à l’épreuve du temps. Ce pont est connu sous les noms de Pont Major de Céret et de Pont du Diable. Il est associé à une légende semblable à celles d’autres ponts célèbres de la géographie catalane, comme celui de Martorell.
Le pont a également inspiré plusieurs artistes. Parmi eux figure l’écrivain catalan Jacint Verdaguer, qui le mentionne dans certains vers de son poème Canigou (Canigó), ainsi que les peintres français Paul Cézanne et Auguste Herbin, qui l’ont représenté dans leurs œuvres.
Aujourd’hui encore, le Pont du Diable de Céret demeure l’un des monuments médiévaux les plus emblématiques de Catalogne du Nord et un remarquable témoignage du savoir-faire des bâtisseurs du XIVᵉ siècle.
Joan Mañé Fort




