
Muriel Favarger, Fondatrice de la société de mises en liens et d’orchestration des relations externes sous la marque Ma Table & Co ainsi que de son écosystème intergénérationnel et sa programmation “Mastermindset in Switzerland “
Le 27 mars, au Beau-Rivage Palace à Lausanne, s’est tenue la première rencontre plénière suisse de Mastermindset 2026, organisée par Ma Table & Co. Derrière cet événement, il n’y a pas seulement une organisatrice, mais surtout une personnalité. Muriel Favarger ne construit pas des projets d’entreprise au sens habituel du terme. Elle crée des écosystèmes vivants : des espaces où les gens se rencontrent, se révèlent et tissent de véritables liens.
Dès les premières minutes d’échange, on ressent son énergie particulière : extraordinairement positive, subtile et chaleureuse. Elle s’adresse à son interlocuteur ou à son interlocutrice avec un doux « cher… » ou « chère… », et il ne s’agit pas d’une formalité, mais d’une attention sincère et respectueuse. En elle se conjuguent une politesse rare, une élégance naturelle et une beauté profonde, qui vient de l’intérieur.
Son parcours est un mélange de cultures, d’expériences et de transformations. Née en Corée du Sud, élevée dans une famille franco-belgo-suisse, elle se décrit comme une « citoyenne du ciel ». Depuis plus de vingt ans, elle vit dans le canton de Vaud, développant une approche unique de la création de communautés à travers la force du lien et de la confiance.
Mais derrière ce parcours professionnel se cache aussi une histoire profondément personnelle, l’expérience d’une maladie surmontée, qui est devenue un point de transition vers une nouvelle étape de vie, où l’art, en particulier la peinture, occupe une place de plus en plus importante. Cette interview n’est pas simplement une conversation sur une carrière.
Nous parlons avec une femme pour qui les relations ne sont pas un outil, mais une vocation. Une conversation sur le chemin, la résilience, la transformation intérieure et cette force qui naît lorsque les êtres humains se connectent véritablement.
Interview : Irina Rybalchenko
Photo credits : Petar Mitrovic, photo de couverture: Marko Stevic
Vidéos credits : Florias Gallay, Adrien Gremaud
À quelle fréquence organisez-vous les événements ?
Cela dépend des années. En 2025, nous avons organisé 6 plénières, ainsi que 2 événements avec un partenaire et des clients, en plus de quelques cercles privatifs. En 2026, le format évolue avec une vingtaine de cercles privatifs et 3 plénières publiques.
En moyenne, cela représente environ une rencontre mensuelle en petit comité, et une plénière tous les deux mois. En 2026, les plénières seront toutefois plus espacées, avec une fréquence moyenne d’environ une tous les quatre mois.
Comment l’intérêt du public évolue-t-il d’un événement à l’autre ?
Il est en constante augmentation depuis 2011. Nous sommes en moyenne au minimum une soixantaine de personnes (selon la capacité de la salle), mais ces derniers mois nous comptons plutôt entre 100 et 150 participants. Le 29 octobre, nous pourrions même atteindre entre 150 et 200 personnes dans la salle.
Qui peut participer à les événements ? Y a-t-il des conditions ou critères de participation ?
Les événements sont ouverts en priorité aux CEOs, entrepreneurs, cadres et directeurs, ainsi qu’aux investisseurs et indépendants. Ils s’adressent également aux managers en transition de carrière.
Depuis notre création en 2008, notre ADN reste le même : favoriser le dialogue entre les générations, en incluant à la fois des profils juniors et seniors. Cette notion ne se limite pas à l’âge, mais repose surtout sur l’autorité et la maîtrise des compétences. Par exemple, une personne de 25 ans peut être considérée comme senior dans l’utilisation de certains outils, notamment en intelligence artificielle.

Rainer Maria Morita, Expert du marché caché de l’emploi, Leadership en intelligence artificielle, Directeur chez un service de transition de carrière pour cadres dirigeants, Suisse
À quel public vos plénière s’adressent-elles principalement : entrepreneurs, experts, investisseurs, représentants institutionnels, start-ups ?
Nos plénières s’adressent principalement aux PME, aux start-ups et aux scale-ups, ainsi qu’à certains acteurs institutionnels. Les grands groupes sont également les bienvenus, afin de rester en phase avec le tissu économique de la Suisse romande, qui est majoritairement composé de PME. Les indépendants font aussi partie de notre public. Enfin, nous accueillons régulièrement des représentants d’entreprises étrangères, comme récemment des participants venus de Paris.
Quels critères utilisez-vous pour sélectionner les intervenants ?
Nous nous basons sur la pertinence du thème abordé afin de croiser les regards issus du terrain, ainsi que sur les domaines de prédilection des intervenants, en fonction de leurs compétences et des secteurs socio-économiques qu’ils représentent.
Qu’est-ce qui est le plus important pour vous dans le choix d’un conférencier : l’expertise, l’expérience pratique ou la capacité à inspirer le public ?
Ce qui compte, ce sont leurs retours d’expérience sur le terrain et leur capacité, en effet, à inspirer et à impacter le public de manière constructive.
Quels thèmes suscitent aujourd’hui le plus d’intérêt auprès de votre audience ?
Il me semble que, depuis 2022, les thèmes qui ont remporté le plus de succès en termes de nombre d’inscriptions sont l’attractivité de la Suisse, ainsi que les sujets liés à la gouvernance, à l’entrepreneuriat et à la direction d’entreprises. La résilience occupe également une place importante, tout comme les sujets qui abordent l’entraide philanthropique ou humanitaire.
Comment trouvez-vous l’équilibre entre un contenu expert et une utilité pratique réelle pour les participants ?
En demandant aux orateurs de partager leurs retours d’expérience issus du terrain, de préférence les plus ancrés dans leurs pratiques, par exemple en introduisant certains de leurs “case studies”, sans slides, afin de ne pas se centrer sur des mots et des diagrammes, mais bien sur le contenu transmis directement par les orateurs.

Irina Rybalchenko, Directrice d’ALL PYRÉNÉES, plateforme multilingue, directrice générale d’El Periòdic, Andorre
Si l’on parle de la plénière de mars, quels thèmes ont été au cœur des discussions ?
La résilience sociétale et économique, qu’elle soit en partie personnelle avec un impact sur la vie professionnelle, ainsi que des outils pour affronter la réalité économique actuelle.
Y a-t-il eu des idées ou des cas présentés en mars qui ont particulièrement marqué le public ?
Selon les retours que j’ai reçus, le fait de s’ancrer dans une expérience personnelle et/ou professionnelle, sous forme de témoignage ou de retour d’expérience, touche en effet le public, qui peut mieux s’identifier et faire le lien entre le discours ou la présentation et sa propre vie professionnelle.
Peut-on dire que l’événement de mars a reflété les questions et enjeux actuels du secteur ?
En partie oui, mais le sujet est vaste et mériterait une autre plénière consacrée à cette thématique.

Elliot Vaucher, Cofondateur d’Ogram, Spécialiste en intelligence stratégique native en intelligence artificielle, Lausanne, Suisse
Que se passe-t-il généralement après la conférence? Сomment les participants poursuivent-ils les interactions ?
Ils ont d’abord l’occasion de partager et d’échanger librement le jour même. Pour certains de nos partenaires et clients, des mises en relation sont réalisées en amont ou en aval afin de nourrir la suite des interactions et des synergies potentielles.
Existe-t-il des exemples concrets où les interventions ou les rencontres sur votre plateforme ont conduit à des collaborations ?
Oui, absolument. Récemment, deux de nos contacts ont pu collaborer avec une institution privée et sont devenus clients. Ce type d’exemple est récurrent tout au long de l’année. Pour notre entreprise, 85 % du chiffre d’affaires de 2025 a d’ailleurs été réalisé en seulement deux mois, alors que j’avais été arrêtée pour des raisons médicales durant cinq mois, de mi-septembre 2025 jusqu’à fin janvier 2026.
Pouvez-vous partager quelques histoires où une intervention ou une rencontre a donné naissance à un projet commun, un partenariat ou une idée commerciale ?

Line Pillet, Directrice de l’Institut Entrepreneuriat & Management, HES-SO Valais-Wallis, Lausanne, Suisse
Oui. Des dirigeants ou des entrepreneurs ont trouvé des mandats, des clients, ou inversement des experts et des talents. Certains de nos contacts ont fait confiance à des entreprises présentes pour se faire accompagner, que ce soit en prévoyance professionnelle ou pour des services comme la stratégie marketing, la photographie, la réalisation de films, l’acquisition de clientèle, les M&A ou le consulting.
Des cadres en transition de carrière ont trouvé du travail et/ou des missions. En termes de “knowledge market”, beaucoup d’informations instructives circulent et enrichissent l’écosystème Mastermindset in Switzerland, ses alliés et les nouveaux contacts qui arrivent chaque semaine dans ce cycle de vie relationnel vertueux.
Quels thèmes souhaitez-vous développer lors des prochaines éditions / conférences ?
Cela dépendra de l’évolution de notre monde et de certains desiderata des clients. À titre d’exemple, parmi les thèmes abordés cette année dans le cadre de nos cercles restreints ou privatifs, voici les différentes verticales déployées : patrimoine & family offices, longévité, santé et bien-être, financements start-ups & scale-ups, influenceurs, MarCom & branding, M&A, nouvelles technologies & IA, coffres-forts, art, stratégie, communication & gestion de crise, mécénat & philanthropie, ainsi que écosystèmes & communauté.
Selon vous, dans quelle direction le format des événements professionnels va-t-il évoluer dans les années à venir ?
Ils deviendront immersifs et expérientiels, tout en restant hybrides, combinant le distanciel et le présentiel, et en se répartissant entre formats publics, privatifs, voire exclusifs.
Avez-vous pour objectif d’élargir votre audience ou de vous lancer sur de nouveaux marchés professionnels / internationaux ?
Oui, l’objectif est de continuer à créer des ponts entre les nations et la Suisse.
Avec toute la délicatesse que ce sujet appelle, pensez-vous que les épreuves de santé que vous avez traversées ont influencé la ligne éditoriale de vos événements, leur tonalité ou les thèmes abordés ?
Je crois que, depuis toujours, j’ai été portée par le partage et le lien. En effet, j’ai été abandonnée à l’âge de 2 jours par ma génitrice en Corée du Sud, puis en famille d’accueil 6 mois avant d’être adoptée en Belgique par mes parents.
Par ailleurs, les quatre épreuves médicales en 2008 avec l’endométriose, puis en 2018 et 2019 un double cancer du sein, ainsi que deux opérations en 2024 dont une double mastectomie, et plus récemment un cancer métastatique aux os diagnostiqué fin septembre 2025 ont encore davantage renforcé la nécessité de rassembler et d’encourager à travers ces rencontres.
Par exemple, l’événement “Hymne à la Vie” du 31 octobre 2025 n’avait pas une portée business, mais une volonté d’inspirer et de donner de l’espoir au travers de différents témoignages personnels ou de résilience, sous l’angle du défi environnemental, sportif, etc.
Sans entrer dans l’intime au-delà de ce que vous souhaitez partager, en quoi votre foi a-t-elle pu constituer un soutien dans ces périodes d’épreuve, puis dans la conduite de vos projets ?
Comme je le décris en partie dans mon livre L’écriture – @ma Table & Co et dans le propos artistique Peintures – @ma Table & Co, ma foi en Dieu m’a portée et accompagnée jour après jour pour transcender les épreuves quelles qu’elles soient tout au long de ma vie. À bientôt 51 ans, c’est d’ailleurs toujours le cas.
Diriez-vous que votre foi et votre pratique spirituelle apportent aujourd’hui une valeur particulière à votre travail, dans votre façon d’écouter, de rassembler, d’arbitrer et de donner du sens aux rencontres que vous organisez ?
Certainement. Intrinsèquement, ma vie intérieure est fondamentale, y compris dans son incarnation et dans ma vocation personnelle et professionnelle. En revanche, je ne souhaite pas faire d’apologie en faveur d’une institution ou d’un mouvement, dans la mesure où, travaillant dans le séculier, j’accompagne uniquement bénévolement certaines personnes si elles le souhaitent, mais je ne travaille pour aucun groupement religieux.

Michelle Cailler, Fondatrice de Thémisia Gioia, Responsable CDE Vaud (spécialisée en droit), Genève, Suisse
Ma vie intérieure me concerne, et je suis simplement heureuse si des personnes peuvent être inspirées et encouragées à trouver plus de paix dans nos contacts, dans leur propre vie, en lisant ou en visionnant mes témoignages personnels.








