Il ne faut pas attendre le mois de décembre pour faire du bien, croit Pasqualina Gaultier, décoratrice

Pasqualina Gaultier est originaire de Calabre (sud de l’Italie). Pendant les 15 années où elle a vécu en Italie, elle a organisé des fêtes, y compris des défilés de mode et des concours de beauté. Mais elle a toujours préféré rester dans l’ombre. A présent, elle se passionne de décorations. Sa fête préférée est Noël. Sa maison en Andorre est un véritable conte de Noël dans lequel tout le monde peut entrer. Nous parlons avec Pasqualina de la magie de Noël et des raisons pour lesquelles les décorations de Noël sont si importantes dans notre vie quotidienne, pour les enfants comme pour les adultes.

Interview: Irina Rybalchenko

Pourquoi avez-vous décidé de faire des décorations de Noël ?

Je pense que Noël, c’est une des fêtes les plus importantes de l’année. Pour tout ce que cela représente: non seulement le Père Noël, mais aussi la naissance de Jésus, les sourires des enfants… Quand je vois les enfants dans un monde de rêve, quand leurs yeux pétillent et quand ils viennent dans vos bras sans que vous ne les connaissiez, c’est le plus beau cadeau qui puisse arriver et la récompense de tout ce travail. Parce que je pense que dans la vie où on est aujourd’hui, c’est difficile de donner de la joie. Nous sommes tous tellement stressés. Et je pense que c’est beau de pouvoir redonner de la joie et croire en quelque chose de magique.

Comment votre passion a-t-elle commencé ?

Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours aimé décorer et créer des choses.

Ma maman était couturière. Toute sa famille, toutes ses sœurs étaient couturières dans la haute couture. Et ma maman était capable de faire une robe en une heure. Sans patron, sans rien. Et mon père, lui, était capable de forger Pinocchio avec des morceaux de fer. Il était mécanicien, et quand il avait du temps, il nous fabriquait des trucs. Dans ma famille, on a cet esprit de création. Tout ça vient de là : de mes parents.

Moi, avant, quand j’habitais en Italie, j’étais dans l’événementiel, je gérais un parc de 5000 mètres carrés et je faisais beaucoup d’anniversaires, de baptêmes etc.

Par contre, ce qui stimule mon esprit, c’est quand vous me donnez une couleur et un thème. Et là, après, ça cavale, ça commence à partir. Mais il y a une condition: il faut que je travaille seule. Parce que dans ma tête, je sais comment je dois travailler, je sais ce que je veux, à quoi arriver. Il en a toujours été ainsi, même quand je faisais des grosses soirées. Il fallait que je sois toute seule.

Pourquoi aimez–vous Noël ?

Noël pour moi c’est magique. Nous attendons quelque chose d’extraordinaire. Je pense qu’il faut transmettre cela à nos enfants. Mon petit-fils, malheureusement, ne croit plus au Père Noël. Et il m’a dit: “Mamie, tu sais, le Père Noël, il n’existe pas!” Alors j’ai repondu: “Mathis, le Père Noël, il existe. C’était un monsieur qui, pour fêter la naissance de Jésus, il faisait des cadeaux aux enfants et aux adultes. Mais après, comme tout le monde, il est devenu vieux et il a demandé aux parents de le remplacer. Donc c’est pour ça que les parents font les cadeaux aux enfants.”

Combien de temps a-t-il fallu pour préparer toutes les décorations de Noël ?

Il a fallu à peu près un mois pour tout préparer. J’aime les détails. Il faut que tout soit coordonné et harmonieux.

Changez-vous complètement vos décorations chaque année ? Ou préférez-vous garder certains détails d’une année sur l’autre ?

Je change les scènes, j’ajoute des choses. Par exemple, cette année, on a représenté le monde marin, ça ne s’est jamais vu dans un village de Noël ou dans une décoration de Noël.

Pourtant, ça fait partie de nous, ça fait partie quand même de la Terre… Et là, cette année, j’ai déjà une idée pour l’année prochaine.

Laquelle ?

J’aimerais créer des scènes retraçant les différentes époques de la Terre, avec une histoire pour qu’il y ait des dinosaures… Pour que nous puissions voir le monde du début jusqu’à aujourd’hui.

J’essaierai aussi de recréer la naissance de Jésus à Bethléem. J’ai déjà le scénario en tête. Ce sera difficile, je le sais, mais je le ferai quand même.

Avez-vous généralement un plan ? Ou préférez-vous improviser ?

Tout est improvisé. Par exemple, l’idée de mettre une corde qui part du balcon pour que le Père Noël arrive sur le chariot… Je me suis réveillée un matin, j’ai dit voilà, je vais faire ça.  C’est toujours comme ça.

Votre maison est-elle ouverte au public ? On peut venir en appelant avant pour prévenir à l’avance, n’est-ce pas ?

Oui, on peut m’appeler et me demander de faire une visite. Ma maison est complètement ouverte aux enfants.

Seriez-vous intéressée par l’organisation d’ateliers et de cours pour les enfants afin de leur apprendre à créer des décorations de Noël ?

Oui, je pense que c’est possible. Quand j’étais là-bas en Italie, j’avais un groupe de 27 enfants, avec lequel on a commencé à créer des choses. Ils avaient 7-8 ans, l’âge de mon fils à l’époque. Pendant 15 ans, on était tout le temps ensemble, on a gagné pas mal de prix, on a fait pas mal de choses. Mais bon, maintenant ils ont grandi, c’est normal, ils ont leur vie…

Que souhaitez-vous à nos lecteurs pour l’année 2025 ?

Tout ce que je pourrais dire aux personnes c’est : « Aimez-vous les uns les autres! » Arrêtez de critiquer, arrêtez d’être dans le déni et dans la méchanceté, parce que ça ne sert à rien. Pardonnez, parce que si vous arrivez à pardonner à une personne qui vous a fait du mal, vous le faites d’abord pour vous-même. Ça vous enlève un poids sur les épaules. Et arrêtez de faire du mal aux enfants.

Il ne faut pas attendre le mois de décembre pour faire du bien. Il faut le faire toute l’année. Toute la vie.

J’ai toujours cet esprit d’aider les gens. Par exemple, il y a une chose qui m’arrive souvent: quand je vais faire les courses et que je vois une personne en difficulté, je vais l’aider avec son chariot, lui mettre dans sa voiture. C’est simple, c’est facile de laisser sa place à une personne âgée, à une personne enceinte dans le bus, par exemple. Ce n’est rien du tout, mais ça peut refaire nos journées! Il faut essayer d’être positif. Et je pense qu’il faut donner pour recevoir.

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