Le blocage de la RN20 menace jusqu’à 90 % du commerce de Pas de la Case

La fermeture de la RN20 à la suite du glissement de terrain durera trois mois, les coûts des travaux étant pris en charge par la France.

Gerard Pifarré, représentant du secteur commercial au sein du Conseil économique et social de Pas de la Case, a déploré que le blocage de la RN20 puisse entraîner des pertes allant jusqu’à 90 % pour le commerce local. De son côté, le Conseil économique et social de la municipalité d’Encamp attend la mise en place d’aides gouvernementales, estimant que « toute aide sera la bienvenue et déterminante ».

« C’est un coup dur. Nous sommes tous sous le choc, car nous ne nous y attendions pas », a déclaré Gerard Pifarré, interrogé sur les trois mois nécessaires au rétablissement de la circulation sur la RN20. Il a rappelé que, dès jeudi dernier, après cinq jours de fermeture, les pertes des entreprises atteignaient déjà 70 % et que, si la situation devait se prolonger pendant toute la durée des travaux annoncés, « elles pourraient facilement atteindre 90 % ».

Dans ce contexte, les commerçants préfèrent toutefois rester prudents dans leurs prévisions, dans l’attente de mesures de soutien de la part du gouvernement.

Comme l’ont indiqué le chef du gouvernement, Xavier Espot, jeudi, puis la ministre des Affaires étrangères, Imma Tor, ce vendredi, l’exécutif prévoit de déployer des mesures destinées à atténuer l’impact de la situation. Le Conseil économique et social d’Encamp, réuni aujourd’hui, attend désormais d’en connaître les modalités. « Nous n’avons pas encore rencontré le gouvernement.

Nous attendons de voir quelles seront les mesures et sous quelle forme elles seront appliquées, car la situation est très grave », a souligné M. Pifarré. À plus long terme, il s’inquiète des conséquences possibles : « Trois mois peuvent avoir un impact important, car les habitudes des clients changent », a-t-il averti, rappelant que les visiteurs « pourraient choisir de se rendre à La Junquera ou ailleurs ».

Concernant les mesures de soutien envisagées, le représentant du secteur des entreprises a repris le même terme que le chef du gouvernement, Xavier Espot, pour les qualifier : « Elles doivent être chirurgicales ». Bien qu’il existe des précédents –  notamment la crise de la Covid-19 ou un autre glissement de terrain sur la RN20 il y a près de six ans, « nous partons d’une situation inédite », a-t-il souligné.

Lors de ces épisodes, certaines mesures avaient inclus le report des échéances de paiement de l’IGI, l’exonération des cotisations sociales des salariés ou encore l’octroi de prêts à taux réduit. « J’imagine qu’ils suivront aujourd’hui la même voie, et toutes ces mesures seront les bienvenues et importantes », a déclaré M. Pifarré, interrogé sur l’ordre de priorité à accorder à ces aides.

Au-delà de l’impact direct sur les entreprises, il a également insisté sur les conséquences pour les travailleurs. « À Pas de la Case, tout le monde est payé pour des heures supplémentaires, car il existe une forte pénurie de personnel. S’il n’y a pas de clients, ces heures ne peuvent pas être effectuées, et cela représente une perte pour les salariés », a-t-il expliqué. « Si des subventions sont mises en place, elles ne doivent pas uniquement soutenir les entreprises, mais aussi les travailleurs », a-t-il conclu.

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