La ministre de la Justice et de l’Intérieur, Ester Molné, a annoncé vendredi, lors de l’ouverture du 23e Forum de l’Entreprise Familiale Andorrane (EFA), que l’accord de gestion des frontières avec l’Union européenne pourrait être conclu avant la fin de l’année. « Les négociations sont très avancées », a-t-elle déclaré, ajoutant que, si aucun imprévu ne survient, l’accord pourrait être signé d’ici la fin 2025.
Selon Molné, la finalisation de cet accord est étroitement liée à la conclusion des négociations sur l’Accord d’association, ce qui place déjà Andorre dans la catégorie d’État partenaire plutôt que d’État tiers. Le futur texte avec l’UE intégrera « des mécanismes de coopération policière transfrontalière avec les deux États voisins afin de lutter plus efficacement et de manière coordonnée contre la criminalité transnationale ».
Le ministère travaille parallèlement sur « une réforme en profondeur du Code pénal et du Code de procédure pénale » afin de s’adapter à l’évolution de la criminalité et d’accélérer l’action judiciaire. La ministre a souligné que la sécurité reste « un des atouts les plus importants du pays », rappelant les efforts du gouvernement pour renforcer les forces de police, notamment le recrutement récent de huit agents et le lancement d’un concours pour 15 postes supplémentaires.
Molné a conclu en insistant sur les opportunités offertes par cette nouvelle étape institutionnelle. Elle a précisé que l’accord avec l’UE « ne remettra en aucun cas en cause notre système d’immigration sélective », tout en maintenant une procédure de sélection rigoureuse.
Daniel Armengol, président de l’EFA jusqu’à ce jour, a souligné l’importance de ces déclarations, rappelant que la ministre lui avait confirmé qu’« un accord sur le nouveau système Entry-Exit pourrait être atteint prochainement », un dispositif attendu par l’ensemble des entrepreneurs andorrans. L’EFA et les autres associations ont suivi le dossier de près, organisant des réunions mensuelles avec le Secrétariat d’État aux Affaires européennes pour assurer un accompagnement efficace et soutenir la compétitivité des entreprises locales sur le marché unique européen.
Le chef du gouvernement, Xavier Espot, a défendu avec vigueur l’Accord d’association lors de son intervention au Forum : « Il représente une opportunité et non une menace pour le pays », a-t-il affirmé, précisant que l’accord « ne constituera aucun risque pour l’Entreprise Familiale Andorrane ».
Face aux défis économiques mondiaux, Espot a souligné que l’intégration au marché européen ouvrirait « la possibilité de prospérer dans une économie de 450 millions de consommateurs » et permettrait de surmonter des obstacles invisibles, tels que les exigences d’homologation, qui pénalisent actuellement les entreprises andorranes.
Pour sa part, Armengol a rappelé que l’accord « ouvre un nouvel horizon pour nos entreprises », en garantissant le désenclavement et en renforçant la coopération transfrontalière. Il a mis en avant l’importance de ce mécanisme pour le développement économique et la diversification des entreprises, citant l’exemple du cycle de l’EFA consacré au futur de l’aéroport de la Seu, où la coopération avec l’espace Schengen a été soulignée.
Enfin, il a reconnu que l’accord implique « une ouverture vers une Europe qui peut inquiéter », mais a assuré qu’« avec prudence et courage, nous relèverons ce défi comme l’ont fait nos ancêtres ».



