Vladimir Voeikov parle sur les bases biologiques de la crise globale

Vladimir Voeikov parle sur les bases biologiques de la crise globale

Vladimir Leonidovich Voeikov, Docteur en sciences biologiques, professeur du département de chimie bio-organique de la faculté de biologique de l’université d’État Lomonossov de Moscou. Intérêts en recherche : fonctions biologiques de l’eau, bio-photonique, lois d’évolution biologique, bases physico-chimiques de l’activité biologique, radicaux libres et procès vibrationnels dans les systèmes aqueux et leur rôle dans la bioénergie.

L. Voeikov est un travailleur honoraire d’éducation supérieure de la Fédération de Russie, rédacteur en chef adjoint de la revue Water Journal – Multidisciplinary Research Journal (waterjournal.org), Lauréat de la médaille d’or Ilya Prigogine, établit en 2004 par l’université de Sienne (Italie) et l’Institut de technologie de Wessex (RU).

Comme nous savons, l’eau est vie et un individu est formé d’eau d’une certaine façon. Vous êtes un expert en eau. Parlez-nous des propriétés de l’eau dans les systèmes vivants.

La vie comme un concept est dans la même ligne que le temps, l’espace, l’énergie, l’information et la matière. Les biologistes, nous étudions cette vie au moyen de ses manifestations, seulement en étudiant ce qui pourrait être appelé dans le sens large de l’expression « systèmes vivants » : depuis la cellule à la biosphère.

L’eau est le composant dominant de la matière vivante ; traditionnellement nous la considérons comme un solvant où les réactions biochimiques ont lieu et il y a une croyance qu’il ne diffère pas de l’eau ordinaire. Cependant, considérons une créature vivante comme une méduse. Plus de 99% de la masse de la méduse est de l’eau, et la fraction de masse de protéines, acides nucléiques, polysaccharides, sels et autres dans son corps est négligeable. L’eau de la méduse est représenté par les mêmes molécules que l’eau dans lequel habite la méduse, mais cette « eau vivante » est fondamentalement différente de l’eau « ordinaire » si seulement parce que les sels de l’eau de mer n’y pénètrent pas, malgré l’absence de fils semi-perméables dans les limites entre la méduse et son environnement. Évidemment, les bio-polymères mouillés par l’eau de la méduse déterminent son état, même s’ils composent une partie insignifiante de sa masse.

Pas seulement l’eau, mais aussi la respiration sont importants pour la vie. Vous avez des résultats intéressants sur la relation entre la respiration et le métabolisme de l’eau.

La respiration est la source principale d’énergie pour les systèmes vivants. Son essence est de restaurer l’oxygène dans l’eau, au moyen des électrons fournis par leurs donneurs qui sont des substances « combustibles », qui équivaut à brûler. D’habitude nous considérons les substances alimentaires, principalement les graisses et les hydrates de carbones comme des donneurs d’électrons. Le rôle de l’eau dans leur « brûlure » n’est pas considéré, même si le fait que l’eau, qui est le composant moléculaire principal de toutes les créatures vivantes, qui agit comme un catalyseur de la combustion, fut découvert il y a longtemps.

Récemment il a été découvert qu’une eau structurée d’une manière particulière, comme « l’eau de la méduse », peut elle-même servir comme donneur d’électrons pour l’oxygène. Il résulte que sous certaines conditions, l’eau peut se comporter comme une « source d’aliment » ; son oxydation n’est pas moins, si pas plus, une source précieuse d’énergie que celle de substances alimentaires ordinaires.

La vie est un concept fondamental. Comment voyez-vous les principes basiques des systèmes vivants ?

Pour que quelque chose montre de l’activité, par exemple, l’activité du moteur, nous avons besoin d’énergie. Les sources d’énergie libre, c’est-à-dire l’énergie qui peut se transformer en un type de travail (la forme la plus simple de travail est le mouvement), sont en dehors des structures des machines et des systèmes vivants. Les systèmes non-vivants sont des transformateurs passifs de l’énergie libre en travail.

Comme nous savons bien, la vie est omniprésente. Récemment, on a commencé à étudier de plus en plus la vie extrêmement active et complexe, non pas un type de micro-organisme anaérobie, mais les animaux plus actifs, qui habitent où il n’y a pas de lumière, pas d’oxygène, et la température ambiante se trouve entre les 2 et 4 degrés Celsius. Ces animaux vivent au fond de l’océan, près de la Fosse des Mariannes. Il y a là-bas des organismes vivants grands, qui, à propos, sont plus actifs et même plus grands que leurs espèces plus proches qui vivent sur la surface. Il n’y a pas de soleil là-bas, cependant la vie y fleurit. Il est possible que la vie vienne de là-bas (beaucoup de scientifiques le pensent). Cette vie existe sans la lumière du soleil. Ces animaux ne sont pas tombé de la surface au fond de l’océan, mais ils ont existé là-bas pendant toute cette époque dont on connaît l’histoire.

Ils habitent dans de l’eau liquide, et l’eau se maintient liquide parce qu’il y a la petite quantité de chaleur suffisante pour assure que l’eau ne se gèle pas et qu’elle continue à être liquide. Ceci est déjà de l’énergie. Ces organismes vivants convertissent une petite quantité d’énergie en une énergie extrêmement intense, avec l’aide de laquelle ils effectuent toutes les activités de leur vie, qui n’est pas moins compliquée que l’activité vitale des biotes, que nous voyons ici sur la surface, avec nos propres yeux.

Le protoplasme d’une cellule vivante est dans un état extrêmement distant de l’équilibre et ce système peut réaliser du travail. E. S. Bauer découvrit l’essence du travail. Le principe du déséquilibre stable formulé par lui dit : « Tous les vivants et seulement les systèmes vivants ne sont jamais en équilibre et, en raison de leur énergie libre, ils effectuent du travail en contre de l’équilibre nécessaire pour les lois de la physique et de la chimie qui existent dans les conditions externes ». Autrement dit, les systèmes vivants fournissent leur préservation et un augment de leur habileté à réaliser le travail à tous les niveaux de leur organisation, en commençant par le supramoléculaire, dû à leur propre activité. Pour maintenir les structures des systèmes vivants dans un état non-équilibré, ils doivent être constamment renouvelés, et, selon Bauer, « … l’énergie chimique de la nourriture est utilisée dans le corps pur créer une structure d’énergie libre (énergie structurelle), pour construire, renouveler, maintenir cette structure, et ne se transforme pas directement en travail ».

La définition de ce qu’est un système vivant se réduit à une thèse simple : les systèmes vivants travaillent continuellement pour rester vivants. S’ils arrêtent cette activité, alors ils cessent d’être vivants.

Il y a une autre loi biologique, la loi de la dépendance des nombres d’espèces animales sur la masse de chaque représentant individuel d’espèces. Ici, par exemple, un petit animal, une certaine espèce de souris. Combien de souris, qui représente cette espèce, sont dans le monde ? Leur nombre est proche à 109 dans le monde, c’est-à-dire, à peu près un milliard d’individus. Si nous observons certains animaux plus proches à nous en taille, par exemple, un ours, un cheval, etc. le nombre de ces représentants d’espèces animales seront significativement plus petits. Quel est, par exemple, le nombre de chimpanzés ? Ou de gorilles ? Ou de macaques ? Ce sera une valeur de l’ordre de 100.000 individus de ces espèces (pas les singes en général, mais qui appartiennent à une espèce en particulier avec la masse spécifique correspondante). Le nombre de personnes de nos jours dépasse déjà par cinq ordres de magnitudes le nombre qu’elles devraient avoir comme représentants d’espèces biologiques correspondantes. Ceci est une caractéristique de l’Homme, seulement l’Homme sort de cette dépendance, à nouveau hyperbolique.

Il y a un autre indicateur qu’un être humain est très différent des animaux : le cerveau. La proportion du taux de consommation d’oxygène par le cerveau humain comparée au taux de consommation d’oxygène par le corps avec le cerveau est 2,3 fois supérieur que celle des primates, et les dauphins et toutes les autres espèces. Ceci est la valeur réduite ; tout se réduit à la masse. Que signifie l’énergie humaine augmentée ?

Pourquoi avons-nous généralement besoin d’énergie d’un point de vue biologique ? Nous en avons besoin pour accumuler tellement d’énergie lors d’une vie biologiquement signifiante, pour laisser une descendance viable qui à nouveau accumule cette quantité d’énergie, laisse une descendance viable et ainsi de suite. L’être humain a un excès. Ainsi, l’Homme a un approvisionnement plus important d’énergie libre que la nécessaire pour survivre comme espèce biologique.

Est-ce que la crise globale dans laquelle est entré toutes l’humanité comme un système vivant entier a des prérequis biologiques ?

Nous sommes maintenant entrés dans un état que tout le monde appelle « crise globale ». Eh bien, parler de la crise globale nous porte en gros à une discussion de problèmes financiers, économiques et sociaux qui vont surgir tôt ou tard. D’où est survenu la crise globale ? Aujourd’hui nous pouvons lire beaucoup d’accusations contre ces cinq, dix, personnes spécifiques et états individuels qui ont censément provoqué la crise globale.

En fait, la crise globale fut clairement prédite en 1960. La revue Science publia alors l’article Heinz von Förster, l’un des fondateurs de la cybernétique de deuxième ordre, sous le titre éclatant Doomsday: Friday, November 13, 2026 after the Nativity of Christ (Förster, H. von, P. Mora and L. Amiot. 1960). À ce moment, la population humaine s’approchera à l’infini si elle croît comme elle a crû dans les deux derniers milléniums. Science 132 : 1291–1295).

Heinz von Förster analysa la courbe de croissance de l’humanité sur la Terre dans cet article et il conclut que cette courbe ne croît pas de conformité avec la loi exponentielle, comme tout le monde le pensait, en s’appuyant sur la théorie a priori de Malthus (comme celle de la reproduction d’une personne, ou d’une bactérie, etc. qui progressent géométriquement), mais de conformité à la loi appelée « hyperbolique ». Que signifie la « loi hyperbolique » ? Ceci signifie que si quelque chose augment de conformité avec la loi hyperbolique, alors, à un certain point du temps, ce quelque chose deviendra un nombre infini. Förster calcula ce moment dans le temps quand l’humanité deviendrait un nombre infini et il s’avéra être : le vendredi 13 novembre 2026. Il s’avère que l’humanité ne mourra pas de famine, parce que ce moment arrivera très tôt, mais d’une faillite. Ceci est bien sûr la blague de quelqu’un.

Il ne faut pas attendre beaucoup. Mais c’est absurde ! Absurde, pas seulement parce que ceci ne peut pas avoir lieu, mais parce qu’il ne pourra jamais avoir lieu. Un fonction mathématique peut devenir une singularité, et physiquement, jamais un procès unique devient infini. Quelque chose doit changer dramatiquement, nous l’appelons « le système entre dans un mode d’exacerbation » ; alors le système physique peut-être subira une mutation, mais il continue. La même chose s’applique au système vivant, c’est-à-dire l’humanité : ce système vivant doit changer beaucoup.

Qu’est-ce une transition démographique ? C’est un ralentissement. C’est une transition d’une fonction d’une loi à une autre. La loi de la croissance hyperbolique a cessé d’être valide. Ceci survint en 1964, selon Kapitsa. La croissance relative de la population arriva à un maximum cette année-là et alors commença à décroître. Dans la limite de la dernière décennie du XXº siècle et la première décennie du XXIº siècle, la croissance absolue de la population commença à décroître aussi. La transition démographique est un ralentissement dans la croissance absolue de la population, qui commence alors à se convertir en un phénomène appelé dépopulation.

Comment s’applique la loi hyperbolique à la taille de l’humanité ?

Si nous comparons les années 1850 et 1990, la population crût 4,3 fois, et la quantité d’énergie que possédait l’humanité augmenta 17 fois. C’est-à-dire que la quantité d’énergie pour chaque personne (il est clair qu’il y a une distribution irrégulière de la consommation de quantité d’énergie dans tout le monde, mais nous considérons des données purement statistique) augmenta en proportion au carré du nombre de personnes. Au fait, si nous respectons cette loi, alors la transition démographique et la dépopulation additionnelle affectera par conséquent la quantité d’énergie que l’humanité possède. Au fait, pourquoi il y a tout ce bruit et vacarme sur l’énergie à notre époque ? Ceci se produit non pas parce qu’elle n’est pas suffisante, mais parce que la croissance per capita a commencé à avoir lieu plus lentement qu’avant, et nous avons senti ceci, même pas un déficit, mais un genre d’approximation à un déficit.

Est-ce qu’il y a une transition démographique en Europe et aux États-Unis ?

Si nous prenons le continent européen ou les États-Unis, alors il n’y a pas de dépopulation pour une simple raison. Même si le taux de reproduction est significativement inférieur à ce qui est requis par simple reproduction, dû à la très longue espérance de vie, il y a un certain équilibre. Le taux de croissance de la population et de la mortalité dépend seulement du taux de l’espérance de vie et du taux de reproduction. L’espérance de vie joue en ce moment le rôle principal. La moyenne d’espérance de vie arrivera à sa limite tôt ou tard, et alors commencera la dépopulation partout. Il s’agit de problèmes démographiques et ils proviennent de la loi de croissance humaine.

Pourquoi les biologistes ont commencé à payer attention aux caractéristiques des transitions démographiques de l’humanité récemment ?

Parce que les biologistes ne considéraient pas jusqu’à il y a récemment qu’il y avait une relation entre la loi de croissance hyperbolique et la croissance de systèmes vivants. Darwin aussi proposait que la croissance du nombre d’organismes vivants a lieu selon la loi de Malthus, c’est-à-dire, selon la loi exponentielle, et dans des conditions d’un manque croissant de ressources.

Cependant, la limite des nombre ici peut seulement avoir lieu avec la compétition pour les ressources, ce qui mène à une « lutte pour l’existence et la survie des plus forts », à une « sélection naturelle », qui, selon les idées dominantes, sert comme mécanisme d’évolution.

Jusqu’à récemment on pensait que la croissance de l’humanité était aussi soumise à la loi exponentielle, ainsi, pour la limiter face au manque de ressources, plusieurs programmes d’inhibition de cette croissance furent proposés. Il est intéressant de voir que les développeurs de ces programmes ne remarquèrent pas la loi hyperbolique de la croissance humaine, découverte par Förster en 1960.

Ils se réunirent dans les années 60 dans le cadre du célèbre « Club de Rome ». Eh bien, s’il n’y a pas de croissance hyperbolique, alors quel genre de transition démographique naturelle, déterminé par les lois internes des systèmes intégraux pouvons-nous discuter ?

En ce qui concerne la croissance d’un organisme vivant individuel, par exemple, dans les phases embryonnaires et post-embryonnaires, la loi allométrique (exponentielle), dont la découverte eut lieu dans les années 30 et qui assure la croissance harmonieuse de tout l’organisme et ses parties, est celle considérée comme la principale loi de croissance. Selon cette loi, chaque organe individuel croît tandis que les organes croissent, ce dont il « a connaissance » et alors que tout l’organisme croît, il « a connaissance » sur la croissance de ses parties. En outre, les relation allométriques déterminent la relation entre le poids du corps et l’activité bioénergétique du corps aussi. Il est très probable que les lois allométriques déterminent aussi le progrès évolutif, ce que nous ne pouvons pas refuser. Tout correspond mutuellement.

Cependant, les lois allométriques déterminent que la croissance harmonieuse et le développement de systèmes vivants n’entrent pas en vigueur depuis la « naissance » de l’organisme vivant. Nous le voyons clairement, par exemple, quand nous considérons le développement embryonnaire, qui commence avec la fécondation de l’ovule. Un ovule fécondé ne croît pas au début, mais il se divise. Il y a des divisions cellulaires en 2, 4, 8, 16, et ainsi de suite, et la masse ne croît pas, ou, du moins, ils disent que non. Ainsi, le gain de masse observé dans les embryons de différents animaux est précédé d’un certain stage ralenti, où il n’y a pas de croissance primordiale. Alors à partir de quel moment commence à augmenter la masse embryonnaire ?

Les embryologistes normalement commencent à mesurer par exemple la masse de l’embryon humain à partir de 1,5 ou 2 grammes. Ceux qui sont plus intelligents commencent à la mesurer à partir d’un gramme. Quelle était la masse de l’ovule ? Elle était de 0,005 milligrammes, c’est-à-dire, 5 microgrammes. Ainsi, selon une donnée, nous pouvons mesurer la croissance exponentielle dans un embryon humain 40 jours après la fécondation, et selon d’autres données, après 60 jours, c’est-à-dire, quand la masse devient de 2 grammes.

Que se passe lors de ces 30-60 jours, quand cette masse augment de 2-5 microgrammes à 2 millions de microgrammes ?

De plus, il n’y a aucune croissance au début. Nous observons une croissance rapide dans la masse après, une caractéristique de la croissance hyperbolique, après laquelle la loi de croissance devient allométrique, c’est-à-dire, bien plus harmonieuse dans tout le système, qui est un organisme vivant, que la croissance hyperbolique.

Si l’humanité est un système vivant holistique et qui se développe, et beaucoup de scientifiques changent à ce point de vue, alors par analogie avec la croissance et le développement d’autres systèmes vivants, la phase présente de la croissance et du développement humain est dans la phase de transition d’un procès de croissance hyperbolique moins harmonieuse à la loi allométrique.

Quelles sont vos prévisions pour le développement humain ?

Je pense que nous sommes en ce moment dans le stage où l’humanité a fini de croître de manière hyperbolique, a accumulé un potentiel totalement gigantesque et doit passer à un développement selon une autre loi. Effectivement, la croissance de l’humanité ne s’arrêtera pas ; elle procède selon une autre loi, selon une loi harmonique.

Cette croissance et une autre sont impossibles sans interaction, sans interconnections, sans assistance mutuelle, sans coopération. En termes physiques, tous les systèmes vivants ne sont pas seulement coopératifs, ils sont cohérents. Le degré de leur cohérence, c’est-à-dire, la coordination mutuelle de tous les procès qui ont lieu dans leur intérieur, augmente pendant leur croissance et développement. Ainsi donc, je suis très optimiste sur la phase dans laquelle nous nous trouvons. Dans l’ensemble, rien ne peut être prédit. La tendance principale est la suivante : il doit y avoir une transition à un monde harmonieux complètement différent.

Entretien : Ivan Stepanyan

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