Une bonne éducation vous aidera à vous sentir en sécurité et à réduire votre dépendance aux réseaux sociaux, a dit Tomás Navarro, psychologue, écrivain et expert international en stabilité émotionnelle

Tomás Navarro est diplômé de l’université autonome de Barcelone (cours « Psychologie »), consultant, enseignant et expert international en stabilité émotionnelle. Organisateur de formation psychologique dans les Pyrénées, ainsi qu’en dehors de la région. Son dernier livre, Yo soy Así (y ya no me importa), qui parle de l’importance de la gentillesse et de l’empathie dans la vie quotidienne, a été traduit en huit langues. All-andorra a décidé de connaître l’opinion de Tomás Navarro sur la place des réseaux sociaux dans la vie de la société moderne, ainsi que sur les moyens de faire face à cette dépendance, le cas échéant.

Est-ce que vous êtes d’accord avec le fait que les réseaux sociaux sont une question de mode ? Hier c’était Facebook, aujourd’hui c’est Instagram… Que se passera-t-il demain ? Ou les réseaux sociaux disparaîtront totalement, étant donné que les personnes avec un certain âge sont en train de quitter les réseaux sociaux…

– Je pense que les réseaux sociaux ne disparaîtront pas. Lors de toute l’histoire nous avons aimé regarder ce que font les autres. Avant derrière la fenêtre, au lavoir ou dans la place. Les réseaux sociaux sont simplement un lavoir de plus qui satisfait notre curiosité. Ce qui est vrai c’est que pas tous les réseaux sont faits pour toutes les personnes. Chaque réseau répond à un certain profil. D’un autre côté, je pense aussi que chaque fois nous apprenons plus à mieux les gérer.

Comment pouvez-vous expliquer le comportement des personnes qui quittent les réseaux sociaux ?

– Il y a principalement trois causes. Il y a des personnes qui ont eu une mauvaise expérience et elles décident de quitter les réseaux. Mais il y a aussi des personnes qui n’ont pas trouvé ce qu’elles cherchaient et décident de ne plus les faire servir, étant donné qu’ils ne leur fournissent pas ce dont ils ont besoin. Enfin, il y a les personnes qui les quittent parce qu’elles ne les comprennent pas et y passer du temps les angoisse.

L’hormone du plaisir est la dopamine, qui nous fait désirer certaines choses et chercher celles que nous désirons. La production de dopamine est stimulée par l’imprévisibilité, des renseignements positifs et la possibilité d’être récompensé. Tous ces sujets sont abondants dans les réseaux sociaux. Actuellement, où pouvons-nous trouver une alternative aux réseaux sociaux pour satisfaire notre propre égoïsme ?

– Dans mon dernier livre Yo soy así (y ya no me importa), un des chapitres en entier est destiné à parler du besoin d’être quelqu’un dans la vie. Je propose que nous avons besoin d’une éducation de qualité qui nous aide à nous sentir en sécurité et à dissocier la confiance en soi de l’acceptation externe d’autres personnes ou du besoin d’impressionner notre interlocuteur.

Comment expliquez-vous le comportement des personnes qui s’aiment elles-mêmes ?

Ce qui est normal c’est que nous nous aimons. En fait seulement les personnes déprimées ont un mauvais concept d’elles-mêmes. La baisse confiance en soi est un problème étant donné qu’une personne équilibrée et en bonne santé se sent bien avec son corps et sa façon d’être. Ceci ne veut point dire qu’elle ne puisse pas s’améliorer et croître, mais il est bien sûr que le manque est ce qui se trouve derrière le besoin de reconnaissance. Quand une personne s’aime, elle n’a pas besoin de la reconnaissance externe.

Comment pouvez-vous expliquer le comportement de personnes qui content le nombre de likes sur votre post, répondent aux commentaires, et oublient les autres choses ?

– Certaines personnes ont besoin d’avoir des indicateurs pour savoir si elles sont aimées ou appréciées et elles pensent que les likes en sont un indicateur. Le problème c’est que les likes ne sont pas un indicateur fiable de ta valeur ou de ton impact. Il serait intéressant de trouver d’autres indicateurs plus idéaux.

Est-ce que nous pourrions appeler la fascination pour les réseaux sociaux, une addiction ? Quels réseaux sociaux considérez-vous les plus prometteurs actuellement ? S’il n’existe pas, selon vous, à quoi devrait-il paraître et à quels effets ?

– Pour certaines personnes les réseaux sont une addiction, étant donné que chaque fois qu’elles y entrent, elles sentent du plaisir et quand elles n’ont pas l’opportunité d’y entrer, de l’angoisse, un des deux critères principaux pour classifier une addiction. En ce qui concerne le réseau le plus prometteur, je ne sais point lequel dire. Je pense que le marché sera de plus en plus segmenté en fonction des intérêts et que la fidélité au réseau sera de plus en plus courte.

Pourquoi Instagram a eu une telle réussite ? Pensez-vous qu’il s’agit simplement d’égoïsme ? Ou est-ce un problème « d’être seul parmi la foule » ?

– Instagram en soi n’est pas mauvais. Essayez d’imaginer à une personne qui habite dans un petit village et qui ne peut pas voyager, à une personne en chaise roulante qui ne peut pas faire tout ce qu’elle aimerait faire. Instagram est une espèce de fenêtre au monde pour beaucoup de personnes. Mais d’un autre côté, il s’agit aussi d’une vitrine et les vitrines sont pour frimer. Enfin, il y a les aspects en relation avec la stratégie et la promotion du réseau, ainsi que les investissements effectués.

Quand pensez-vous que les réseaux sociaux arriveront à leur fin ?

– Quand nous aurons une meilleure alternative…

Les réseaux « pompent » le trafic par eux-mêmes, créent des « comptes faux » pour vendre des services et des produits. C’est-à-dire que les réseaux même utilisent leurs membres comme des consommateurs potentiels et font des affaires de publicité habituels. Pensez-vous que les personnes le comprendront ?

– Je pense que le monde des réseaux n’est pas le monde réel. Il y a beaucoup de personnes qui ne font pas servir les réseaux, ni les voient comme une option d’achat. Cependant, si votre cible est utilisateur de réseaux sociaux, alors c’est plus facile pour vous annoncer d’une manière segmentée.

Pendant combien de temps survivra Instagram ?

– Autant qu’il y aura du budget pour le maintenir… Ou jusqu’à ce qu’il y ait un compétiteur qui soit meilleur.

Est-ce que les personnes pourront se communiquer sans les réseaux sociaux ou est-ce que ceci n’est plus possible ?

– Je pense qu’un professionnel doit avoir des réseaux sociaux et les utiliser, mais sans oublier les autres canaux de communication.

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