Professeur de l’Académie des sciences de Russie, Egor Plotnikov sur les mitochondries et le bénéfice de la grossesse

Professeur de l'Académie des sciences de Russie, Egor Plotnikov sur les mitochondries et le bénéfice de la grossesse

Egor Yurievich Plotnikov est professeur de l’Académie des sciences de Russie, docteur en sciences biologiques, chef du Laboratoire de la structure et de la fonction mitochondriale à l’Institut de recherche biophysique et biochimique A. N. Belozersky.

Il est né en 1980. Il s’est diplômé avec mention au Département de physiologie et immunologie cellulaire dans la faculté de biologie de l’université d’état de Moscou, en 2001. Il offre un cours entre différentes facultés de l’université d’état de Moscou « Amélioration de la nature humaine. La vie sans âge » et le cours « Biologie moléculaire de la mitochondrie » au Département de génie biologique et d’informatique biologique. Membre du conseil éditorial des revues « Bulletin de biologie et de médecine expérimentale » et « Biochimie ».

Intérêts : l’étude des mécanismes moléculaires de néphrites aiguës, biologies de cellules souches, microscopie confocale à balayage laser, microscopie intravitale.

Aujourd’hui nous parlons avec Egor Plotnikov sur la recherche du fonctionnement de la mitochondrie et le bénéfice de la grossesse :

Quels sont les principaux sens de vos études ?

Un des domaines principaux dans notre laboratoire est une étude des mécanismes moléculaires de néphrites aiguës. En particulier, la néphrite aiguë dans l’ischémie. Exactement, nous avons décidé d’analyser l’impact de la grossesse dans la résistance du corps à la néphrite.

Cela veut dire que la grossesse renforce la santé ou la rend plus faible ?

Il y a des contradictions très intéressantes dans ce domaine ; tous les médecins savent comment le corps de la mère est exposé à des charges lourdes, y compris le rein, lors de la grossesse et que c’est très dangereux. En même temps, dans les dernières années, les scientifiques ont démontré, dans de nombreux travaux, que la grossesse améliore la capacité du corps de régénération, par exemple : ceci a été démontré dans les muscles et le foie. Certains auteurs déclarent même que la grossesse rajeunit le corps ! Ces allégations se basent sur les fait que les statistiques confirment que les femmes qui accouchent ont une vie plus longue que celles qui n’accouchent jamais.

Dans notre travail nous avons démontré, au moins dans les animaux expérimentaux, que les reins des animaux en grossesse sont plus résistants à l’ischémie. Si nous considérons que toutes les ischémies ont un caractère similaire, il y a une probabilité élevée que ces conclusions s’appliquent à ces pathologies comme des accidents vasculaires et des infarctus. Mais ceci doit être encore étudié.

Nous avons démontré au cours des expériences que les reins des rats sont plus résistants à l’ischémie lors du troisième trimestre de la grossesse. Leur fonction d’excrétion après l’ischémie avait été violée bien moins que chez les animaux qui ne présentaient pas de grossesse. Nous avons observé beaucoup moins de centres de nécrose dans les reins, et moins de centres de fibrose en deux mois, ce qui indique un potentiel de régénération plus élevé de l’organe.

Nous avons pu démontrer aussi que ceci est dû à l’augment de la prolifération des cellules dans les reins des animaux en état de grossesse après la lésion : il est important que l’imitation hormonal de la grossesse ait copié l’effet de grossesse presque complètement, ce qui veut dire qu’il a aussi rendu les reins plus résistants à l’ischémie.

Pouvez-vous recommander la grossesse comme moyen de vie plus sain ou rajeunissement ?

En réalité, les résultats ne sont pas aussi surprenants que ce qu’il pourrait paraître. Le corps de la mère est vraiment sous une pression énorme, et il n’y a rien de bizarre à ce qu’il existe un mécanisme pour la compenser. Une autre chose qu’il faut considérer est que « recommander » la grossesse comme méthode pour une vie plus saine et même plus de rajeunissement ne vaut pas la peine.

Les mécanismes découverts sont conçus pour compenser les pressions qui affectent la femme enceinte, et si tout va bien, alors l’effet cumulatif peut être positif pour l’organisme. Mais la grossesse s’associe avec beaucoup de complications possibles qui font que dans la médecine elle soit considérée un facteur de risque élevé. Notre travail est important principalement parce qu’il démontre quels aspects de la pathologie doivent être considérés par les médecins dans leur pratique médicale. Apparemment, dans le cas de pathologies rénales, les cliniciens devraient prêter plus d’attention aux nombreuses complications associées au fœtus, et s’inquiéter un peu moins directement pour le rein.

Dans l’avenir, nous avons l’intention d’explorer les pathologies dont le corps est protégé lors de la grossesse et de quelle façon particulière nous pouvons copier cet effet avec le minimum d’effets secondaires.

Avez-vous des données dans votre recherche sur comment la mitochondrie régule le fonctionnement des reins et l’échange d’eau dans le corps ?

Le fonctionnement de la mitochondrie dans les reins a été étudié depuis longtemps, même par nous. En relation avec la grossesse, nous n’avons pas trouvé des différences dans les fonctions principales de la mitochondries dans les animaux pleins.

Cependant, nous avons démontré que la mitochondrie joue un rôle clef dans le développement du stress oxydant dans l’ischémie des reins, et nous pouvons protéger les reins de la néphrite en protégeant ses mitochondries. Un grand nombre de nos travaux sont dédiés à l’utilisation des antioxydants des mitochondries ciblées (sur la base de ce que nous appelons les « ions de Skulachov »).

Entretien : Ivan Stepanyan

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