On essaie de développer autour de l’aéroport de Perpignan un hub très bien placé à destination des pays d’Afrique du Nord, a dit Jean-Marc Pujol, maire de Perpignan

 

Jean-Marc Pujol, avocat fiscaliste de formation, est élu de longue date à la ville de Perpignan. D’abord en tant qu’adjoint, il est depuis 2009 à la tête de la ville catalane en tant que maire. Il est également président de la communauté urbaine de Perpignan Méditerranée métropole depuis 2014. Il a accepté de recevoir all-andorra.com pour une longue interview et pour aborder de nombreux sujets. Il parle de ses projets perpignanais dans de multiples domaines, de ses objectifs pour donner à la ville une nouvelle image, de sa vision de l’avenir et de l’actualité.

Entretien: Alain Beaujouen

Vous êtes maire de Perpignan depuis 2009, président de la communauté urbaine de Perpignan Méditerranée Métropole depuis 2014, est-ce que vous pouvez nous présenter votre ville, Perpignan?

Ecoutez! Perpignan, tous les Français connaissent parce que, quand il y a une carte des températures à la télévision en France, c’est toujours à Perpignan qu’il fait le meilleur! Plus sérieusement, ce que j’ai voulu faire et j’ai orienté la campagne électorale de 2014 autour de ce projet c’est faire de Perpignan une destination. Pendant très très longtemps ça a été un lieu de passage. C’était un lieu de flux aussi c’est-à-dire que les gens passaient, restaient ou partaient. Perpignan est une ville qui depuis 10 ans est dans les cinq premières villes de France en termes de progression de sa population avec une attractivité considérable.

C’est une ville qui aujourd’hui regroupe 123 000 habitants, la communauté urbaine autour de 300 000 c’est-à-dire quasiment les deux tiers du département.

L’attractivité touristique qui est celle de la mer est une attractivité très forte durant l’été. Ce qui était important pour Perpignan était de créer une attractivité tout au long de l’année et pas seulement l’été. C’est ce qu’on essaie de faire avec des manifestations comme Visa pour l’Image, comme le Live au Campo, comme l’attractivité du musée Hyacinthe-Rigaud, des actions patrimoniales qui se déroulent dans Perpignan.

C’est une ville avec un patrimoine remarquable qui n’était pas très connu non plus. C’est aussi une ville particulière parce que c’est là où ont été signées les premières chartes communales, aux XI ème et XII ème siècles. Il y a une histoire très forte. Une histoire qui était dans les remparts. Aujourd’hui, on essaie « d’écarter » tout cela! Mais le caractère patrimonial et architectural de Perpignan est très important. On a d’ailleurs le seul palais des rois de Majorque, qui est le seul palais du Moyen-Âge existant dans le monde.

Au niveau budgétaire, Perpignan est une bonne élève pour ce qui est de la gestion, de la réduction d’endettement…

Oui, ma formation est celle d’avocat fiscaliste avant d’être maire de Perpignan. J’ai exercé ce métier d’avocat fiscaliste donc je suis attaché à la bonne gestion parce qu’en définitive un maire ne fait que gérer l’argent que lui confient les contribuables. Il ne faut pas oublier ça. C’est un peu trop oublié en France. Je mets beaucoup d’investissement dans le sérieux. Nous sommes cette année classés par les services fiscaux comme étant la première ville de France pour la qualité de sa comptabilité et de sa gestion. Avec son argent personnel on peut faire ce que l’on souhaite, avec l’argent public il faut être plus prudent. Et je crois que c’est un élément de ma gestion, la prudence et le sérieux dans la gestion.

L’économie de la ville tourne-t-elle essentiellement autour du tourisme ou y a-t-il d’autres secteurs qui se sont développés?

La logistique s’est développée aujourd’hui. Avec le marché international Saint-Charles qui est le premier marché d’intérêt national français en matière de fruits et légumes c’est-à-dire que nous sommes avant Rungis (NDLR: près de Paris) dans le domaine des fruits et légumes.

Il y a une tradition de logistique très importante à Perpignan et à Saint-Charles qui se développe de plus en plus avec les flux des produits provenant d’Espagne d’abord, mais aussi du Maroc et d’ailleurs puisque notre activité économique tourne bien sûr autour du tourisme mais ensuite de la logistique mais d’entreprises remarquables comme les chocolats Cémoi que l’on connaît, avec une tradition agroalimentaire, dans le domaine industriel… Voilà un peu le périmètre industriel mais c’est principalement dans le secteur des services.

Au sud de Perpignan, une zone d’activités est en plein développement. Quelles sont les entreprises qui s’y installent?

Ce sont de nouvelles entreprises liées aux services principalement. Après nous avons la zone de Torremila à côté de l’aéroport qui se développe considérablement puisque nous avions une zone de 60 hectares qui est quasiment pleine. Il nous reste un seul terrain à vendre. Et j’ai pris la décision de développer une deuxième implantation sur 40 hectares dont nous sommes propriétaires et que nous allons ouvrir à destination des entreprises. C’est une activité assez soutenue.

C’est une des richesses de Perpignan, il y a encore beaucoup de foncier disponible par rapport à d’autres villes méditerranéennes.

Il y a énormément de foncier parce qu’il y a eu une anticipation foncière considérable. Pas uniquement par la ville elle-même, la ville a anticipé en matière de foncier depuis 30 ou 40 ans. Cela veut dire que nous avons aujourd’hui du foncier à disposition immédiate pour les entreprises qui le souhaitent mais aussi dans la communauté urbaine. Dans la zone de Rivesaltes, nous avons là un maire qui a anticipé sur le sujet.

La communauté urbaine dispose grâce à la commune de Rivesaltes d’une centaine d’hectares à cet endroit-là. Il y a d’autres implantations aussi avec Saint-Estève. On a une politique foncière qui s’avère juste, prévoyante et nous sommes à disposition de toutes les entreprises qui veulent s’installer. Il n’y a pas de temps à attendre.

J’ai noté qu’il existe une coopération forte avec les investisseurs privés également…

Oui parce que la vision que je porte est une vision économique c’est-à-dire qu’il faut faire attention aux subventions. Les subventions, c’est souvent de l’argent qu’on va prendre dans la poche des Français. Et ils ne sont pas toujours d’accord! Donc j’ai beaucoup développé l’approche du développement économique. Ce qui fait que les terrains économiques que nous vendons, nous les vendons avec une grande majorité avec un petit bénéfice. Il y a certes des endroits où nous avons des pertes mais il fallait le faire pour permettre l’implantation d’entreprises. Mais l’investissement particulier et entreprises est une priorité. J’étudie d’ailleurs tous les dossiers. Dans le cadre de mon action de président de la communauté urbaine, je reçois sous 48 heures qui veut investir à Perpignan.

L’aéroport a son rôle à jouer. C’est un point fort de la ville, non?

C’est un point fort. Mais on a quand même un problème de développement de l’aéroport parce qu’on est quand même pas très bien desservi par la compagnie nationale Hop. En revanche, nous avons pu développer grâce à des compagnies low-cost comme Ryanair ou autres des destinations anglaises, irlandaises, belges, ainsi qu’à Marrakech, Oran. On essaie de développer autour de l’aéroport un hub très bien placé à destination des pays d’Afrique du Nord.

Quels sont les grands projets à venir pour la ville et la communauté?

Il y a un projet de réalisation de salle omnisports qui ne sera pas seulement omnisports puisque aujourd’hui il faut être capable de mutualiser et il nous manquait à Perpignan une grand salle qui permette de recevoir entre 2500 et 5000 spectateurs à la fois pour des manifestations sportives mais pas uniquement. C’est un projet qui est en cours, qui va être réalisé et qui est soutenu par la ville bien sûr, par la Région, par le Conseil départemental et par l’État. C’est l’équipement qui manquait à Perpignan.

Quel est le prix de l’immobilier à Perpignan?

Aujourd’hui, vous avez dans l’ancien un prix qui tourne autour de 1200 à 1400 €. Je parle de logements anciens. Dans le neuf, on est entre 1800 et 2200 €. Sur les terrains à bâtir, on est dans une fourchette entre 160 et 300 € le mètre carré. On est dans une situation qui là aussi est dans une échelle contrôlée. Parce qu’on a ouvert beaucoup de zones qui font qu’on a la possibilité dans la première couronne perpignanaise de trouver des terrains à bâtir où on le souhaite. Ça maintient le marché sans le faire flamber.

Perpignan reste entourée par 3 grandes villes. En région Occitanie, Toulouse et Montpellier et en Espagne au sud, Barcelone. Le développement de Perpignan est-il limité ou bien la ville peut-elle tirer son épingle du jeu?

On essaie! On essaie parce qu’on est face à 2 métropoles et pour Barcelone une mégalopole. On essaie de jouer une carte de l’attractivité territoriale. On s’aperçoit aujourd’hui que notamment autour de Toulouse il y a de l’intérêt pour des entreprises toulousaines de venir s’installer à Perpignan. Montpellier c’est un peu différent. Ils sont plus attirés vers la vallée du Rhône. On a une attractivité et beaucoup d’entreprises espagnoles traditionnellement se sont installées à Perpignan il y a de ça plusieurs années. Elles continuent de s’installer ici. Mais c’est vrai que l’implantation était très forte jusqu’à la mort de Franco. Les règles se sont libéralisées depuis. Les implantations qui ont eu lieu pendant cette période-là ont perduré et elles existent aujourd’hui encore avec des groupes comme Anecoop, Fontestad, Ausa ou autres. On a une tradition d’implantations d’entreprises espagnoles.

L’identité catalane est très forte pour Perpignan. Travaillez-vous sur cette image?

Oui on y travaille mais dans l’aspect culturel. Sur l’aspect d’identité. Cette année, nous sommes capitale de la sardane. On essaie d’expliquer aux nouveaux arrivants quel est l’identité de ce territoire. C’est une entité culturelle, de développement culturel, ça n’est pas une identité politique. C’est la différence que l’on peut vivre avec ce qui se passe de l’autre côté de la frontière. Une identité culturelle importante qui fait que j’ai reçu ces derniers jours le président de la Généralité de Catalogne, Artur Mas. On est très lié sur tous ces sujets et ça fait partie de la culture catalane.

Justement, par rapport aux événements en Catalogne du côté espagnol, quel regard avez-vous?

J’ai un regard d’abord de solidarité parce que mon opinion est qu’on pouvait peut-être prendre d’autres décisions, même si je ne veux pas interférer, en assignant à résidence les personnes qui étaient accusées de sécession de manière à pouvoir les juger avec plus de sérénité. Je pense pour ma part que les incarcérer n’était pas nécessaire. En revanche, j’ai toujours été pour un référendum qui toucherait la totalité du peuple espagnol de façon à décider quelles étaient les orientations de la Catalogne. Je pense que quelque soit le résultat du référendum tout le monde devait se prononcer et on pouvait observer à cette occasion de manière particulière le vote en Catalogne pour peut-être faire évoluer la législation en regardant ce qui se passe aux Pays basques ou ailleurs.

Comment sont les relations entre Perpignan et l’Andorre?

Elles sont excellentes. L’histoire andorrane est une histoire très perpignanaise aussi. Il y a toujours eu des relations très fortes. Je vois avec plaisir l’évolution d’Andorre qui change très favorablement. C’est devenu un hub de haut niveau.

Existe-t-il des actions communes entre Perpignan et l’Andorre, des actions culturelles par exemple?

Oui des actions culturelles. Cette année, le Conservatoire régional a participé à la promotion d’une offre culturelle en Andorre. Les relations ne sont pas très développées. On essaie de les renforcer à travers le Conservatoire régional parce qu’on est un des premiers conservatoires de France. Après, il y a des relations économiques mais qui sont plus des relations de personnes que d’entreprises elles-mêmes. Je pense qu’Andorre est plutôt tourné vers l’Espagne sur les sujets économiques.

Dans le domaine de l’éducation, il y a des accords entre l’Andorre et Perpignan puisque de jeunes Andorrans viennent étudier à Perpignan. Les universités accueillent les étudiants de la Principauté…

Oui, il y a des passerelles pour les jeunes Andorrans. Il existe une tradition de juristes perpignanais, de magistrats qui se retrouvent magistrats en Andorre aussi. Il y a tout un aspect autour du droit qui renforce les liens entre l’université de Perpignan et la Principauté.

Quelles sont les formations proposées à l’université de Perpignan?

Vous avez toutes les formations liées au droit et toutes les formations liées à l’aspect culturel, international, développement, tous les aspects scientifiques avec des laboratoires de recherche qui sont parmi les premiers d’Europe, qui sont dans des créneaux très particuliers. La faculté accueille 10 000 étudiants à peu près avec une ouverture des pays d’Afrique du Nord et d’Asie. Dans des filières comme le transport, on trouve toutes les formations souhaitées.

La formation de STAPS en lien avec l’université est dispensée à Font-Romeu. Il existe des échanges avec le STAPS qui intervient ici dans le domaine sportif notamment.

Vous disiez que Perpignan était connu pour sa météo très favorable. La ville est connue également à travers le sport, par ses clubs de rugby, à 13 et à 15. Quelle image apportent ces clubs à la ville?

On est une des rares villes de France à avoir au premier niveau à la fois le rugby à 15 et le rugby à 13. Avec une ouverture autour du rugby à 13 et des Dragons catalans, on a une image internationale parce que c’est quand même le club français qui est le plus filmé et diffusé dans le monde anglo-saxon et en Angleterre. Ça apporte une visibilité internationale qu’on ne pourrait pas avoir autrement. Ils sont filmés et télévisés en Australie. C’est un des éléments qui permet de faire connaître Perpignan à l’international. À 15, avec l’USAP, on est vraiment identifiés grâce au championnat de France et à la Coupe d’Europe.

Les deux stades, Aimé-Giral (USAP) et Gilbert-Brutus (Dragons catalans) appartiennent à la ville. Le premier a fait l’objet de travaux importants. On est en train de réfléchir sur d’autres travaux et on devrait entamer avec celui des Dragons catalans une troisième tribune qui est la dernière. On a juste un problème à régler qui est celui d’un immeuble particulier qu’il faudrait contrôler pour pouvoir construire la troisième tribune. Mais j’ai les budgets pour le faire. Dès qu’on pourra on commencera…

Quand on aura fini, on aura 2 stades, l’un avec 14000 spectateurs et l’autre du même ordre.

Au niveau culturel Perpignan est connu avec Visa pour l’Image qui se déroule fin août début septembre… C’est un bel événement international. Existe-t-il d’autres pôles culturels sur la ville?

Oui, Visa pour l’Image est un bel événement avec récemment l’ancien ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, qui a accepté de prendre la présidence du festival. C’est pour moi une satisfaction parce que ça va permettre d’amener Visa qui est déjà avec une vision internationale sur une situation très forte en termes de photojournalisme mais pas uniquement puisque nous développons à travers le centre international du photojournalisme la formation, l’éducation à l’image avec des expositions régulières. On a avec Visa pour l’Image un point extrêmement au niveau culturel et plutôt tourné vers le monde.

On a aussi le théâtre l’Archipel qui fait partie aujourd’hui d’une des premières scènes nationales. C’est un ensemble qui a été réalisé par l’architecte Jean Nouvel et qui propose de nombreux spectacles.

On a ouvert récemment le musée Hyacinthe-Rigaud qui en est à sa troisième saison. La première a été une exposition consacrée à Picasso, la deuxième Dufy, et cette année une exposition qui présente une sorte de face à face entre Rodin et Maillol. Il crée des événements avec une forte attractivité puisqu’on a une fréquentation de 70 à 80 000 personnes par an alors qu’on en est qu’au début.

Les élections européennes approchent à grands pas. Comment voyez-vous le scrutin à venir compte tenu de la situation actuelle et des différents événements qui ont marqué l’actualité française au cours des derniers mois?

Traditionnellement, ici, le Front national fait un bon score. Je rappelle que contre moi aux élections municipales, le candidat M. Alliot, a dépassé les 40%. Il y a de ça 25 ans, Perpignan était un cas particulier puisque le Front national faisait des scores importants, autour de 30%. Aujourd’hui, c’est partout en France. Je pense que lors de ces élections européennes on observera encore une poussée du Rassemblement national à Perpignan indiscutablement et certainement ailleurs. Si j’en crois les sondages France, il est quand même autour de 20% ce qui est important.

L’action des Gilets jaunes est susceptible de renforcer ce genre de vote. Ce type de vote qui est un vote de ras-le-bol, je ne qualifie pas ce vote d’extrémiste, parce que c’est plus un vote de protestation, de remise en cause, de crainte qu’autre chose… Pour avoir été présent lors des manifestations des Gilets jaunes, pour les avoir rencontrés et écoutés, avoir évité qu’il y ait des saccages dans la ville de Perpignan, une des rares villes de France où il n’y en a pas eu, ce que je pointe c’est une inquiétude sur l’avenir, une inquiétude de déclassement personnel, une difficulté à joindre les deux bouts, une véritable angoisse…

Aujourd’hui c’est un peu caricaturé par les extrémistes qui ont pris le pas et qui ont cassé et qui sont identifiés plus comme des casseurs que des Gilets jaunes. Pour moi, le mouvement au début était une émergence populaire.

Et le mouvement a été particulièrement suivi dans le département…

Très puissant, il y a eu des blocages notamment sur les autoroutes, sur le Boulou, sur le péage sud, sur le péage nord. Avec le préfet on a essayé de discuter et de parlementer pour essayer de limiter au maximum les dégradations. Ça a été difficile. Je crois que la seule solution est le dialogue. La responsabilité des élus est aussi dans ces moments conflictuels de s’exposer eux-mêmes. Pour venir parler, pour venir entendre. Alors bien sûr, on n’est pas toujours bien accueilli, on est critiqué mais après c’est le rôle des élus. Personne ne nous oblige à être élu. Si on représente le peuple quand on est élu, on doit aller parler au peuple. D’ailleurs ce qui remontait des demandes des Gilets jaunes c’était justement cet écart avec les élus.

Les maires ont été en première ligne. Ils le sont toujours pour le grand débat national…

Mais parce que les personnes ne voient que nous! La réalité c’est que le samedi quand on était sur les manifestations en coeur de ville, j’étais là avec mes élus! Le samedi, le dimanche, on est sur place. On va voir les gens, on rassure les commerçants. On est là en permanence. On n’est pas ailleurs, hors sol. On est au coeur de la population. Et en plus, j’ai fait le choix de ne pas accepter d’autres mandats. Je suis strictement contre le cumul des mandats.

Depuis toujours. Je ne me suis jamais présenté à un autre mandat que celui de maire. En plus je considère qu’aujourd’hui en gérant la ville et la communauté urbaine ça me prend tout mon temps. Je ne sais pas comment je ferai et comment font ceux qui ont d’autres fonctions, il faudra qu’ils m’expliquent.

Par rapport aux élections municipales au printemps 2020, êtes-vous candidat à votre succession?

J’attends avant de prendre ma décision. Ici on a un Rassemblement national qui est extrêmement fort avec une personnalité nationale, M. Alliot, qui siège d’ailleurs dans mon conseil municipal dans l’opposition. J’essaie de convaincre tout le monde que ce soit au Centre, que ce soit chez M. Macron, que ce soit chez les Républicains, il faudra faire une liste tous ensemble parce que sinon ça risque d’être dangereux. Pour le moment j’essaie de convaincre tout le monde. Je prendrai ma décision après les élections européennes.

Comment agissez-vous pour faire face au candidat du Rassemblement national?

Il a accès aux médias nationaux ce qui n’est pas mon cas. Je suis sur le terrain, je fais le boulot. Je suis là tous les jours. Il faut se battre pour sa ville, il faut défendre ses idées, ses valeurs. Moi, j’ai la particularité depuis que je suis engagé en politique d’être positionné toujours au même endroit. J’ai toujours été un homme de droite. De centre droit au début puisque j’ai commencé autour de Giscard d’Estaing à l’époque. Je n’ai pas fait l’essuie-glace pour aller de droite à gauche pour convaincre les gens.

Il y a une grande lassitude des maires actuellement en France. Beaucoup ne souhaitent pas se représenter l’année prochaine. Est-ce que vous ressentez également cette lassitude?

Oui. Parce que d’abord on nous interpelle sur des sujets sur lesquels on n’a pas la compétence. On m’interpelle en permanence sur des problèmes de sécurité. Même si à Perpignan il y a la première police municipale de France avec 160 policiers de très haut de gamme, il y a des choses que je ne peux pas faire. On est parfois désarmé au niveau des moyens. Sur des problèmes de trafic c’est difficile d’intervenir.

On peut comprendre qu’à un moment donné il y ait une lassitude. Il y a beaucoup de choses qui sont imposées d’en haut sur lesquelles on n’a pas de pouvoir et qui nous reprochées. Je prends un exemple simple. Lorsqu’il y a un commerce qui ne respecte pas la réglementation je ne peux pas fermer le commerce. C’est une procédure très lourde, ça passe par l’État, les gens ne comprennent pas quand ils sont avec un commerce qui fait du bruit, qui ne laisse pas les gens tranquilles. Ils ne comprennent pas pourquoi le maire ne peut pas fermer le commerce.

C’est pour ça que je milite pour qu’on donne aux maires deux choses: le permis d’ouvrir ou de fermer un commerce, et le permis d’habiter. Il y a bien des endroits où avant d’habiter dans un logement il faut avoir un permis. Ça permet d’avoir une certaine forme de contrôle sur certaines choses qu’on voit et qu’on n’a pas envie de voir.

La situation de Perpignan à proximité d’une frontière joue en la matière. Vous trouvez des cigarettes qui ne sont pas vendues par les débitants de tabac locaux. Le maire est assez démuni juridiquement sur ces sujets. En matière d’urbanisme, c’est pareil. On nous impose des plans de gestion des risques d’inondation sans trop écouter les maires. On impose des réglementations.

Comment voyez-vous l’avenir de Perpignan?

Je suis quelqu’un d’optimiste. Je crois qu’il faut toujours avoir une dose d’optimisme sur les sujets de société. On est dans une société en mutation. L’important c’est d’essayer d’accompagner la mutation.

Ne pas se bloquer, ne pas avoir l’impression qu’avant c’était mieux et que demain sera moins bien. Je pense qu’il faut porter surtout une activité économique. Parce qu’on ne se rend pas trop compte de la chance qu’on a d’être français! Quand on voyage un peu, on peut s’en apercevoir.

En France, il y a des amortisseurs sociétaux et sociaux très importants qui n’existent pas ailleurs mais on l’oublie.

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