Nous envisageons d’aller au-delà de l’organisation du Freeride world tour (FWT) et d’organiser l’e-bike festival, a dit le directeur général du FWT, Nicolas Hale-Woods

Les 2 et 3 mars, en Andorre, à Ordino-Arcalis aura lieu une autre étape de la compétition de freeride dans le cadre de la tournée mondiale du Freeride world tour (FWT). A la veille de cet événement, all-andorra.com a parlé avec le directeur général du FWT, Nicolas Hale-Woods sur les dernières tendances du développement du freeride, sur la sécurité des skieurs et sur le fait qu’il deviendra bientôt une alternative digne au ski.

I’entretien: Irina Rybalchenko

Quelles sont les dernières nouvelles du Freeride world tour (FWT)?

Nous avons de bonnes nouvelles. On a eu une extension au niveau géographique – cette année c’est la deuxième fois que nous avons des compétitions au Japon. C’était une très belle compétition grâce au soleil, à la neige poudreuse, et la médiatisation a été très bonne.

Je peux dire que le ski est très populaire au Japon, maintenant ça fait partie de la culture japonaise. Les Japonais faisaient du freeride il y a 100 ans. La classe moyenne japonaise faisaient beaucoup de ski avant la crise économique au Japon. Malheureusement, à cause de la crise, le nombre de skieurs a diminué. Mais il y a beaucoup de stations du ski parfaites et la meilleure neige poudreuse au monde au mois de décembre et janvier. Maintenant l’économie japonaise va mieux et en plus il y a beaucoup de Chinois, des gens de Singapour, de Malaisie, d’Australie, de Nouvelle Zélande, de Corée qui viennent au Japon pour trouver de meilleures conditions dans la région. Il existe un important développement futur pour les sports d’hiver là.

C’est vrai c’est le démarrage. C’est vraiment bien parce que le Japon est très puissant dans les sports d’hiver et dans le ski particulièrement.

Quels nouveaux pays peuvent se joindre au FWT bientôt?

La Chine. En 2017, on a signé “joint venture” avec des partenaires chinois qui a permis d’aller faire une prospection au nord-est, au nord et à l’ouest. Près de Beijing, il y a des stations de ski avec 30 cm de neige par année. Donc ce n’est que de la neige artificielle. Il y a une croissance de sport d’hiver en Chine. Le gouvernement chinois il y a 3 ans a dit qu’il voulait amener 3 cent millions de Chinois (20% de la population) aux sports d’hiver. C’est une bonne nouvelle pour l’économie des sports d’hiver. Aujourd’hui il y a à peu près cent cinquante millions de personnes dans le monde qui font du ski. Avec les ambitions du gouvernement chinois – c’est plus 33% par rapport au chiffre global. Il ne manque que le financement qui arrivera un jour.

Beaucoup de Chinois skient au Japon – c’est plus facile et plus proche que d’aller au nord de leur pays.

Il y a des pistes à Kamchatka en Russie qui sont aussi très bonnes pour le freeride. Je vais à Kamchatka au mois d’avril pour aller voir les montagnes et rencontrer des sponsors potentiels.

Nous aimerons aller en Russie à nouveau – nous y avons fait le FWT en 2008, 2009, 2010, 2011, à Sochi, à Rosa Khutor (Krasnaya polyana) et c’était fantastique.

Nous pensons aussi à la Turquie, la Géorgie, le Liban, la Grèce.

Mais pourquoi vous avez arrêté?

Parce que en Russie il y avait la période de préparation des Jeux olympiques. Nous voulons maintenant reprendre les négociations.

Quel est le budget de chaque étape de la compétition?

500 000 à 800 000 euros à peu près. Mais c’est beaucoup plus facile d’organiser le freeride que le slalom, par exemple.

On peut dire que le freeride a progressé et qu’il inclut maintenant des figures plus complexes qu’auparavant?

Aujourd’hui, quand on regarde le leader du Championnat du monde du freeride, Markus Eder, on peut voir ses descentes avec beaucoup de sauts complexes et de saltos. C’est une combinaison du freeride avec le freestyle. Ça ressemble à toutes les disciplines du ski. Et on se souvient alors que le freeride est à l’origine du ski. Il y a 100 ans, il n’ y avait pas de pistes. Tu prenais les skis et tu partais en montagne.

Le freeride est-il plus populaire aujourd’hui parmi les jeunes ou a-t-il toujours été populaire?

Le matériel et l’équipement aujourd’hui permettent aux gens moyens d’avoir plus de plaisir dans la poudreuse parce qu’aujourd’hui les skis sont plus larges. J’ai parlé avec des jeunes qui font du ski alpin et du slalom. Les

skis alpins sont plus techniques. Si à 12-13 ans, tu ne gagnes pas, tu es démotivé et tu arrêtes.

Et pour participer à des compétitions du FWT, il faut avoir un très haut niveau, je crois?

Non, on a toutes les catégories. C’est possible pour tout le monde. On a le niveau junior et le niveau de qualification. On a 1, 2 ou 3 étoiles. Donc tu entres à ton niveau et tu progresses ou tu ne progresses pas et ne fais ça que pour le plaisir.

Mais il faut avoir une licence pour être admis à la compétition, non?

Oui. Ça coûte 5 dollars.

Y a-t-il beaucoup d’écoles du freeride?

Oui, de plus en plus. En Andorre, par exemple, il y en a une à Ordino-Arcalis. La plus grande école se trouve au Canada. Parfois on a une collaboration entre le FWT et les écoles de freeride dans le domaine des échanges d’expérience.

Et en ce qui concerne la sécurité, que faites-vous pour minimiser le nombre d’accidents?

Cette année, on a 160 compétitions de freeride dans le monde avec 5 500 licenciés. Ça veut dire que c’est plus de 12 000 descentes par compétition. Les chiffres font que parfois il y a des accidents. Nous travaillons beaucoup avec des guides de montagne qui ont l’habitude et on a une très bonne équipe. Ici en Andorre nous travaillons avec 3 guides de montagnes qui viennent de France et les “ski patrols” d’Ordino-Arcalis. Nous travaillons aussi avec les “bombers d’Andorra” (les pompiers) et un médecin du FWT qui skie bien et qui peut arriver rapidement sur le lieu de l’accident. Les hélicoptères aussi sont prêts. C’est nécessaire pour le contrôle des avalanches, avoir une bonne équipe de sécurité. De plus, les skieurs ont l’équipement professionnel (détecteur de victime d’avalanche, pelles, sonde et airbag dans la sac à dos). Et pour savoir comment utiliser tout ça il y a un cours de préparation. Les compétiteurs professionnels s’entrainent de façon régulière.

Et il y a une autre chose – c’est le critère de jugement. Les juges veulent contrôler la descente. Chaque descente est enregistrée à l’aide d’une caméra.

Combien de participants y a-t-il cette année?

Il y a 42 participants qui viennent du Canada, des États-Unis, de Norvège, de Suède, de France, d’Espagne, de Suisse, d’Italie, d’Autriche, de Russie, du Japon, de Nouvelle-Zélande.

Envisagez-vous d’aller au-delà de l’organisation du FWT et d’organiser des compétitions sportives l’été, par exemple?

Cette année, à Verbier, nous allons organiser l’e-bike festival. L’e-bike peut être intéressant de 7 à 97 ans. C’est une révolution de la pratique sportive et de la mobilité. Dans 8-10 ans, je pense qui les pistes de ski vont avoir l’e-VTT et par rapport au chiffre d’affaires des skis, l’e-VTT sera bien plus profitable. Pourquoi? Parce que c’est facile de faire de l’e-velo. C’est bon à tous les âges et permet de faire une sortie ensemble pour 3 générations: les grands-parents, les parents et les enfants.

Et la station d’Ordino-Arcalis va pouvoir bientôt proposer cette alternative au ski s’il n’y a pas de neige en hiver.

L’Andorre a été nommé la capitale pyrénéenne du freeride. Quels sont les avantages et inconvénients d’Andorre par rapport à d’autres endroits où le FWT organise des compétitions?

Parmi les principaux avantages, on y trouve d’excellentes montagnes, l’hospitalité et les conditions climatiques. L’Andorre est très petit donc ici c’est facile de décider de toutes les questions d’organisation. L’inconvénient c’est qu’en Andorre il n’y a pas d’aéroport. Cela rend la logistique difficile, donc pas très bon.

Et vous-même quel sport faites-vous?

Ma priorité est le surf. C’est ce que j’aime vraiment. Je surfe avec mes deux fils qui ont 16 et 18 ans. J’aime aussi la SKIMO et je prends part aux courses, je fais du VTT et du vélo de route, un peu de freeride et un peu d’escalade.

Read more: Interview d’actualité ...