Le nouveau gouvernement andorran a des plans très importants pour l’amélioration des infrastructures, a dit Jordi Gallardo Fernandez, le ministre de l’Économie et du Commerce d’Andorre

Le ministre de l’Économie et du Commerce d’Andorre, Jordi Gallardo Fernandez a parlé avec all-andorra.com à propos des projets principaux du nouveau gouvernement. Par exemple la construction de l’aéroport en Andorre avec une grande capacité, la construction éventuelle d’une voie ferrée depuis la France et l’Espagne et la réforme du système bancaire. Il croit aussi que l’Andorre pourrait devenir un mini Silicon Valley, un bon endroit pour le développement de produits avec des techniques de pointe et des centres de recherche pour les scientifiques de tout le monde.

Entretien : Irina Rybalchenko

Infrastructure de transport

En juin dernier eut lieu une présentation officielle du projet de création d’un aéroport en Andorre et la réponse à la question de la possibilité de construire un aéroport dans le pays fut positive. En quel état se trouve le projet maintenant ? Quelle est la position officielle du gouvernement: soutenez-vous cette idée ?

En ce moment, nous étudions encore toutes les recherches préparées par la Chambre de commerce. Nous sommes dans l’étape initiale. Je puis dire que si nous pouvons avoir un aéroport dans le pays, ce serait très positif pour le développement de l’économie et du tourisme. Tous les secteurs économiques de l’Andorre sont favorables à la construction de l’aéroport, évidemment. Mais il faut sans doute analyser l’impact environnemental de ce projet sur notre pays. Il faut équilibrer tous les potentiels impacts négatifs sur l’écologie, la nature, … et les bénéfices économiques. Nous travaillons sur ceci.

Pourriez-vous dire officiellement que le gouvernement andorran soutient le projet de l’aéroport ?

Oui. Nous pensons qu’il s’agit d’une opportunité nouvelle et importante pour le pays. Mais, à nouveau, en étant un petit pays entouré de montagnes, ceci n’est pas facile. La construction d’un aéroport est un projet qui nécessite un investissement très important. Et nous avons besoins d’investisseurs et d’associés. Mais nous parlerons de la partie financière du projet, du comment et de l’où, que lorsque la décision finale sera prise. Ce serait une erreur de faire autrement.

Quand pensez-vous que cette décision sera prise ? Vous avez besoins de combien de temps pour réaliser les études additionnelles ?

Le plus vite possible. Vers la moitié de l’année prochaine, j’espère. Nous n’avons pas beaucoup de pression.

Il y a des investisseurs qui ont déjà démontré leur intérêt dans la participation de ce projet : France, Russie, Chine… Est-ce que vous inviterez les associés à réaliser des études additionnelles ?

Oui. Nous donnerons cette opportunité à des spécialistes internationaux de haut niveau pour réussir les meilleurs résultats. Comme membre du gouvernement andorran, je puis dire que nous utiliserons tous les moyens possibles pour porter plus de touristes à notre pays, pour ouvrir nos portes au monde et pour mettre l’Andorre sur la carte mondiale comme une destination très attractive.

Il est évident que si l’aéroport n’a pas une capacité de transport de plus d’un million de passagers par an, ce projet ne sera pas rentable et sûrement les investisseurs ne seront pas intéressés. Êtes-vous d’accord ?

Je suis d’accord qu’il serait intéressant d’avoir un volume de passagers plus grand. Plus de passagers signifie que ce sera mieux pour le pays. Nous parlons donc d’un aéroport normal avec des avions normaux, non pas des petits.

Est-ce que l’Andorre est préparée pour recevoir tous ces touristes supplémentaires ?

En général oui, l’Andorre est préparée. L’Andorre a la capacité de recevoir 11 millions de touristes par an et il n’y aurait aucun problème pour augmenter ce nombre.

Quelle autre infrastructure sera nécessaire ? Une voie ferrée, de nouveaux hôtels, de nouvelles routes ?

En relation avec la voie ferrée, il s’agit d’un sujet que nous avons discuté avec nos voisins. Nous préférons deux options : des voies ferrées depuis la France et l’Espagne à travers la Catalogne, qui connectent avec Barcelone, Puigcerdà et Cerdagne. Ce n’est pas une alternative, il s’agit d’un projet supplémentaire.

Je veux mettre l’accent sur le fait que le gouvernement andorran a des plans très importants pour l’amélioration des infrastructures. Ce n’est plus la même situation qu’il y a 20 ans, quand l’Andorre discutait sur des projets d’infrastructures mais n’a encore aucune de celles-ci.

Ce serait une réussite très grande si nous avons une position claire sur les deux projets en 2024.

Oui, mais jusqu’à ce moment, est-ce que le gouvernement andorran a des plans pour améliorer les connections par route ? En ce moment les seuls accès à notre pays sont à travers des routes depuis l’Espagne et la France. La circulation est parfois horrible et les personnes attendent pendant des heures pour traverser la frontière…

Oui, il est vrai que parfois nous devons passer plus de temps à traverser la frontière entre l’Espagne et l’Andorre que d’arriver à Andorre depuis Barcelone. Et nous avons besoin de développer notre infrastructure de transport.

Il y a 15 ans, le gouvernement espagnol construit une route parfaite depuis la Seu d’Urgell jusqu’à l’Andorre, mais en ce moment ce n’est pas suffisant et la frontière doit augmenter de volume. De toute façon c’est une décision à prendre avec le gouvernement espagnol et nous travaillons sur ce sujet.

De retour au sujet de l’aéroport, c’est pour cette raison que c’est très important pour notre pays.

Système bancaire

Les banques andorranes refusent de soutenir les opérations internationales des clients, s’ils ne sont pas des clients privés (c’est-à-dire s’ils n’ont pas au moins 400 milles euros dans leurs comptes). Mais le gouvernement andorran a donné la bienvenue aux investissements étrangers depuis il y a quelques années. Je connais personnellement plusieurs exemples où des investisseurs étrangers ont eu des problèmes bureaucratiques terribles quand ils essayaient d’ouvrir des comptes d’entreprise dans les banques andorranes (ils devaient attendre de 3 à 6 mois pour ceci), et parfois ils étaient forcés à arrêter l’installation de leur société en Andorre. En plus, dans d’autres pays européens, ils n’ont eu aucun problème de conformité… Que pouvez-vous dire à ce sujet ?

J’ai connaissance à propos de ce problème. Le gouvernement andorran donne la bienvenue aux investisseurs étrangers mais ils font face à de grands obstacles ici. Ouvrir un compte bancaire en Andorre prend jusqu’à 6 mois, mais dans d’autres pays il ne prend que deux semaines maximum. D’autre part, nos services bancaires ne sont pas au niveau des besoins des clients internationaux. En Andorre nous n’avons pas plusieurs options disponibles, et donc malheureusement les investisseurs décident souvent de quitter notre pays.

Nous devons améliorer cette situation : c’est l’objectif principal du nouveau gouvernement. En 2012 nous avons changé notre loi pour attirer l’attention des investisseurs étrangers mais nous n’étions pas préparés pour leur offrir des services administratifs corrects en même temps.

Notre système bancaire doit être plus flexible. Si un client potentiel a passé les procédures de conformité dans d’autre pays, les banques andorranes n’ont pas besoin de les vérifier deux, trois ou quatre fois. Ceci n’est pas convenable.

Mais est-ce que le gouvernement andorran peut influencer les banques andorranes, étant donné qu’elles sont toutes privées ?

Le gouvernement andorran et les banques andorranes ont les mêmes objectifs ; nous marchons tous dans la même direction.

Je peux vous mentionner d’autres pays comme Royaume-Uni, Luxembourg, Malte, Chypre qui ont des procès de conformité stricts, mais qui ont des systèmes plus flexibles et travaillent plus rapidement. Le système bancaire andorran a utilisé ces modèles. Nous continuerons à discuter ce sujet avec nos banques.

Vous ne ferez que discuter ? Ou est-ce que vous commencerez une espèce de réforme bancaire pour améliorer la qualité du service ?

Nous ne pouvons pas les pousser, mais nous pouvons les superviser. Traditionnellement, la relation entre le gouvernement andorran et les banques andorranes est bonne. Le secteur financier produit aux alentours de 17 à 20% du PIB andorran. Si nous avons besoin de nouvelles lois pour réguler cette situation, nous les feront ensemble.

Pouvez-vous promettre que la situation s’améliorera bientôt ?

Oui, en ce qui concerne les procès qui dépendent du ministère de l’Économie.

C’est la fin de la banque privée dans tout le monde. Pas la fin, mais elle se transforme en technologies bancaires nouvelles. En ce moment, l’Andorre ne peut pas faire face aux technologies bancaires de Suisse, des États-Unis et des pays asiatiques. Que pensez-vous que devraient faire les banques andorranes ?

Le système bancaire andorran se transforme aussi : elle n’est plus la même qu’auparavant. Ils ont un créneau dans le marché.

Investissements et techniques de pointe

Quels ont été les projets d’investissement les plus grands en Andorre lors de ces 2 ou 3 dernières années ? De combien a été le volume d’investissement ?

Je ne puis vous parler des projets grands et importants maintenant. Nous avons créé de nouvelles routes, tunnels, écoles, bâtiments publics, et nous avons développé l’infrastructure pour les touristes. Nous avons investi de l’argent dans les projets dont le pays en avait vraiment besoin.

Maintenant il est temps de parler de projets d’investissement grands, et il faut améliorer la qualité de vie en Andorre.

Notre attention sera prêtée sur des projets d’infrastructures importants cités avant, ainsi que des projets pour le tourisme, le commerce et l’économie… Tout ce qui peut produire du PIB.

Dans le cadre d’un potentiel relookage du pays, connu en ce moment comme le pays des cigarettes, alcool et pistes de ski économiques, il serait bon de penser à la diversification de l’économie. Que pensez-vous à propos de la possibilité de créer un mini Silicon Valley en Andorre pour attirer les scientifiques de tout le monde pour promouvoir la science et les techniques de pointe ?

La diversification de notre économie est un très bon sujet. Dans le gouvernement, nous avons une structure, Actua, qui en est responsable. Nous invitons les sociétés de techniques de pointe et les scientifiques. En effet, l’Andorre est un très bon endroit pour eux. C’est un endroit sûr, petit et confortable. Et pourquoi pas ? L’Andorre pourrait être le Silicon Valley des Pyrénées et du sud de l’Europe.

Existe-t-il des exemples de produits avec des techniques de pointe fabriqués en Andorre ?

ActuaTEC, la fondation du gouvernement andorran centrée sur les recherches de projets d’innovation et le développement de techniques de pointe en Andorre, a beaucoup de projets informatiques proches au secteur du ski.

Nous avons un accord avec le MIT qui nous apporte du savoir-faire. Le projet le plus important est une base de données très grande pour y mettre des quantités incroyables d’information de différentes sources telles que Andorra Telecom, FEDA, l’université d’Andorre, ainsi que des magasins au détail, les banques, … Ceci aidera à réunir et structurer l’information pour l’analyser après de façon holistique.

Un autre projet conjoint en cours concerne l’organisation urbaine et l’analyse de la dynamique de la consommation énergétique.

Notre objectif est d’avoir des projets ensembles et pas seulement d’utiliser ce savoir-faire.

Nous participons de façon régulière dans des séminaires et des conférences internationaux. Par exemple, l y a un mois, nous sommes allé à Moscou, Skolkovo.

Le shopping en Andorre

Nous recevons souvent des courriels de nos lecteurs qui nous disent que le shopping en Andorre est devenu plus mauvais. Les magasins vendent les mêmes collections et les prix sont élevés. Nous n’avons pas des marques de luxe. Pourquoi ?

C’est le choix des marques de haut niveau. Elles ne pensent pas que l’Andorre soit un marché intéressant pour elles. L’Andorre a besoin d’un nouveau genre de touristes avec des capacités économiques plus importantes.

Notre secteur commerce est bon. Mais je suis d’accord: nous avons besoin d’un nouveau modèle de commerce. Nous devons intégrer les nouvelles technologies dans notre secteur commerce.

Le tourisme en Andorre

La séparation de la piste de ski Grandvalira mènera sans doute à une baisse des touristes. Comment envisage l’Andorre de remplacer ces revenus?

Nous avons de bonnes nouvelles. Ce problème a été résolu. Les actionnaires de Grandvalira ne se sépareront pas. La piste de ski ne sera plus divisée. Ainsi nous continueront à avoir une des marques les plus importantes des Pyrénées.

 

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