Le château territorial d’Arbeca

Le château territorial d'Arbeca

Le château territorial d’Arbeca était localisé au sommet de la colline qui domine le village, à l’extrême sud-est du canton. Les rares débris qui s’en conservent sont très abîmés par la construction des réservoirs municipaux d’eau, à la fin du XIXº siècle (1898), et de l’école du village au milieu du XXº siècle (1945). Il s’agissait d’un bâtiment magnifique de la Renaissance, avec quatre tours d’angle et une grande tour centrale.

Autour de la cour centrale il y avait différents espaces et l’enceinte castrale continuait dans toute l’aile ouest avec une autre série d’édifications, entre lesquels se trouvait l’accès principal à l’enceinte. Une partie de la muraille, d’une tour ronde de base élevée, du soubassement d’une autre tour et une partis des murs élevés de la base sont conservés.

L’appareil est fait de pierres taillées proportionnées et bien travaillés. Quelques sections de la muraille ont été trouées et il y a des toits et des entrepôts. En 1156, Berenguer de Tarroja, conseiller du comte de Barcelone Ramon Berenguer IV obtint la juridiction du siège d’Arbeca, sûrement par cession du comte lui-même, mais la première mention du château n’apparaît pas jusqu’en 1225, dans le testament de Guillem Roca.

Le château territorial d'Arbeca

Le fils de Berenguer de Tarroja, Ramon, hérita le fief au titre de baronnie et il le transmit à son fils Hug, comte de Solsona. D’une autre part, ce dernier transmit à sa nièce Agnès de Tarroja les baronnies d’Arbeca et de Tarroja. En 1218, avec le mariage de Ramon Folc IV de Cardona, fils et successeur du vicomte Guillem de Cardona, et Agnès de Tarroja, la seigneurie du château d’Arbeca est passé à faire partie des possessions de la famille Cardona qui y établirent leur résidence habituelle. La famille Cardona habita à Arbeca jusqu’à la fin du XVIIº siècle et ses successeurs, les ducs de Medinaceli, furent les seigneurs d’Arbeca jusqu’à la fin du régime ancien.

Les débris qui se conservent de l’ancien château-palais de la famille Cardona démontrent leur importance. Le bâtiment qui ne fut pas démoli jusqu’à la moitié du XIXº siècle fut construit à cheval du XVº au XVIº siècle. C’était l’époque de la fin du gothique et du commencement de la Renaissance. Sa construction commença à partir de 1475 par ordre du duc Joan Ramon Folc III de Cardona. En 1497, le carrier de Montblanc, maître Miquel, y travailla et en 1501 celui qui fut aussi carrier, Domènec Llopis. Ils y travaillèrent pendant tout le premier tiers du XVIº siècle. Nous avons une description détaillée des pièces du château, écrite en 1553. Il disposait de quatre tours d’angle et d’une grande tour de l’hommage. Dans ce château se logèrent des personnages tels que le prince archiduc Philippe le Beau ou le roi Philippe II.

Le château territorial d'Arbeca

Entre le XVº et le XVIIIº siècle, le château d’Arbeca est très renommé entre les voyageurs et la noblesse, ce qui est mis en évidence par les nombreuses références à sa nature spectaculaire et à sa beauté recueillis dans la documentation. Des réputations légendaires qui s’attribuent au bâtiment s’en ressort l’existence d’autant de fenêtres comme jours par an, toutes elles avec des grilles dorées. Quand la seigneurie passa aux ducs de Medinaceli, au XVIIº siècle, commença la dégradation du château qui, cependant, ne fut pas démoli jusqu’à la moitié du XIXº siècle.

Malgré tout, en 1845 Pascual Madoz mentionnait que les débris des murs, tours et autres structures du château-palais étaient encore en bon état. En raison de la guerre des faucheurs, la ville fut fortifiée et en 1646 elle fut conquise par le Marquis de Leganés pour le compte de Philippe IV.

Dans cette guerre mais aussi dans celle de Succession d’Espagne (1701-14), il semblerait que le rôle du château d’Arbeca fut important. En 1851, le duc de Medinaceli vendu le château qui fut presque totalement démoli pour utiliser ses pierres taillées.

Le château territorial d'Arbeca

De nos jours, tout ce qui peut être observé de la forteresse d’Arbeca correspond à la phase construite lors du XVIº siècle ou à des moments immédiatement antérieurs ou postérieur à ce siècle. Les bases des tours méridionales sont visibles partiellement, ainsi que les débris des morceaux de la muraille qui les unissait, et de la tour nord-orientale. Celle-ci est la construction la mieux conservée des anciennes édifications du château-palais. Il s’agit d’une grande tour de plan circulaire de base élevée, bâtit avec des pierres taillées proportionnées et bien travaillées de pierre calcaire et fortifié avec du mortier qui conserve les arrachements des limites septentrionales et orientales des murailles du périmètre central du château.

Grâce à diverses planimétries anciennes, nous connaissons une bonne partie du plan de cette construction. Dans ce sens-là, il faut mentionner les gravures de l’ingénieur militaire et dessinateur français Sébastien de Pontault de Beaulieu, qui datent de la moitié du XVIIº siècle. Nous comptons aussi avec les plans de l’architecte Josep M. Vives i Castellet réalisés par le Service de catalogage et conservation de monuments de la Communauté de communes de Catalogne en 1919. Ainsi, nous pouvons observer qu’il s’agissait d’une grande construction avec un noyau central de plan quadrangulaire, une tour circulaire à chacune des quatre équerres et une tour quadrangulaire au centre de la tour de l’hommage.

Nous connaissons les noms de trois tours d’angle: del Porgador, dels Vents et de les Dones). Il semblerait qu’autour d’une grande tour s’organisaient divers espaces quadrangulaires, l’un desquels correspond à l’église de Sant Jaume, ancienne paroisse d’Arbeca jusqu’à sa destruction au début du XVIIIº siècle lors de la guerre de Succession d’Espagne. L’enceinte castrale continuait dans toute l’aile ouest avec une autre série d’édifications, entre lesquels se trouvait l’accès principal à l’enceinte qui se faisant en surmontant le fossé par le portail des Trois Rois au moyen d’un pont-levis.

Le château territorial d'Arbeca

De nombreuses données documentaires sont conservées qui font référence constamment à des constructions, des rénovations, reconstructions, etc. effectués dans le château depuis la moitié du XVº siècle et, surtout, pendant le premier tiers du XVIº siècle. C’est ainsi que nous connaissons tous les salaires des maîtres d’œuvres, carriers, menuisiers et autres artisans qui travaillèrent dans les œuvres du château-palais. De cette longue relation, nous surprend la présence remarquable et constante des constructeurs d’origine française. Un inventaire de l’édification de 1553 détaille le contenu et les pièces de la forteresse y sont mentionnées (chambres, garde-mangers, cavaleries, fours, caves, garde-robe, cuisine, salle à manger, chapelle, etc.).

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