Le château de Tàrrega est déclaré bien culturel d’intérêt local

Le château de Tàrrega est déclaré bien culturel d'intérêt local

Le château de Tàrrega (cat. El Castell de Tàrrega)  est un bâtiment de Tarregà (Urgell) déclaré bien culturel d’intérêt local. Il est placé sur une petite colline dans la zone Sud-Ouest de la ville. Cette construction devient l’origine fondateur de ce qui est connu comme le village médiéval de Tàrrega, placée dans un carrefour de chemins provenant de Barcelone, Tarragone et Balaguer, stratégique dans le territoire.

Le village de Tàrrega est né autour de son château, probablement d’origine arabe. Le château était un endroit avancé sur la ligne de la frontière, étant donné que les Sarrasins occupaient encore les cantons de Noguera et de Segrià. Le château fut conquis par le comte Ramon Berenguer I de Barcelone, qui en 1056 le donna lors de ses fiançailles, à vie et en franc-alleu, à son épouse Almodis. Ainsi le château est passé à être de juridiction comtale exclusivement. En 1058, les comtes signent un accord avec Ricard Altemir pour « ipso castro de Tarrega » ; Altemir serait en charge de la reconstruction et de la défense de la forteresse et de l’aumônerie.

Le château de Tàrrega

En 1069, l’aumônerie fut confiée à Miró Ricolf de Pinós pour y tenir, tout avec Pere Udalard, une petite armée de vingt hommes. À cette époque, Tàrrega était un endroit avancé de l’empreinte du comté d’Osona. En 1076, Ramon Berenguer II hérite le château qu’il cède en 1078 à vie, aux frères Arnau et Guillem Guadall et leurs successeurs : le village, le château et le territoire de Tàrrega avec tous les droits et les biens.

Depuis le XIIº siècle, une pyramide féodale bien définie est créée entre les différents châtelains du château même s’ils abusaient, souvent, lors de la perception de l’emphytéose de la population. Aux XIIº et XIIIº siècles la famille Pinós étaient les propriétaires et en dessous d’eux la famille Peramola. Nous avons aussi des documents qui indiquent la famille Santafé et la famille Torroja. En 1217, Agnès de Torroja se marie avec Ramon Folc IV de Cardona qui s’intègre à la pyramide féodale de Tàrrega dans un troisième échelon.

L’aumônerie est vendue à Arnau Sort qui, en 1262 dispose que sa partie de l’aumônerie soit vendue à Guerau d’Aguiló, seigneur de Talavera. Jusqu’à la moitié du XIIIº siècle, la famille Granyena s’y trouvait et jusqu’aux premières décennies du XIVº siècle, les châtelains Guillem Rufaca et ses descendants. D’autres lignées qui avaient partagé l’aumônerie ont été Oluja, Anguera, Montserrat et Clariana. Dans beaucoup de cas, l’aumônerie n’était qu’un bénéfice, sans vivre à Tàrrega.

Le château de Tàrrega resta sous le domaine éminent de la monarchie, étant donné la division de pouvoirs et d’intérêts des châtelains. Le roi Jacques Ier octroie en 1242 les statuts et les coutumes selon lesquels devaient se gouverner le village, le château et le territoire. À la moitié du XIVº siècle, sous le domaine de Pierre III, les murs et les vallées du château et du village sont restaurés, étant donné qu’ils avaient été affectés par les conflits armés successifs soufferts par la Principauté. Le château perd sa fonction défensive lors du XVIIº siècle et la récupère, ponctuellement, au XIXº siècle, lors des guerres carlistes.

En 1984, la mairie de Tàrrega achète les ruines de l’ancien château. Les excavations archéologiques effectuées au château après son acquisition par la mairie ont permis de documenter différents éléments du château. Après le XVº siècle, un contexte généralisé de travaux est documenté, moment où se construit le puissant mur de clôture Sud, postérieur à l’amortissement de la citerne qui date du XIVº-XVº siècle. Il y a aussi des documents sur les murs du XVIIIº-XIXº siècle, en liaison avec les guerres carlistes avec les utilisations postérieures du château.

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