Chrysta Bell : Tout ce que je fais c’est monter sur la scène

CHRYSTA BELL PARLE DE SA PASSION POUR LES CONCERTS EN DIRECT, COMBIEN ELLE AIME LE PUBLIC RUSSE, L’ILLUSION DU TEMPS, UN CHANGEMENT D’ÉNERGIR, TRAVAILLER AVEC DAVID LYNCH ET BEAUCOUP D’AUTRES CHOSES INTÉRESSANTES

Comme l’associé artistique et compagnon de Chrysta Bell, le célèbre réalisateur David Lynch la décrit ainsi : « Chrysta Bell ressemble à un rêve et Chrysta Bell chante comme un rêve. Et le rêve devient réalité. » Et il ne s’agit pas seulement d’une métaphore poétique pompeuse, c’est une impression objective que Chrysta Bell cause sur les personnes au moyen de sa beauté éblouissante et atypique, sa voix séduisante et incroyable et musique infernale.

Ayant été dans la musique depuis son adolescence, Chrysta Bell commença son chemin dans cette industrie à l’âge de 18 ans comme chanteuse dans le célèbre groupe de Texas 8 ½ Souvenirs. Avec 21 ans elle se réunit avec David Lynch, qui comme personne sensible avec une imagination développée, se rappelle de sa première impression après l’avoir rencontrée, ainsi : « La première fois que j’ai vis jouer Chrysta Bell, je pensais qu’elle était comme un extraterrestre.

La plus belle extraterrestre ». Cette réunion porta à une union artistique et romantique productive, dont l’un des premiers résultats fut une chanson Polish Poem que Chrysta Bell produit avec David Lynch pour son film Inland Empire. Le développement approfondi de cette union porta à deux albums qu’ils firent ensemble This Train et Somewhere in the Nowhere. Curieusement, ces deux êtres se sont complété artistiquement d’une manière excellente et nous pouvons dire que la musique dans ces disques, d’une part, a montré au monde le charisme unique de Chrysta Bell et, d’une autre part, a réfléchi profondément l’atmosphère étrange et psychédélique des films de David Lynch.

Le dernier événement musical de Chrysta Bell a couvert des territoires de styles et de concepts musicaux différents. Elle a sorti un album We Dissolved avec un producteur célèbre et respecté, collaborateur depuis longtemps de P. J. Harvey, John Parish, qui a un peu plus de jazz, blues et rock comparé aux travaux réalisés avec David Lynch.
Le dernier album de Chrysta Bell, le quatrième, Feels Like Love, qu’elle a préparé avec le co-auteur et producteur Christopher Smart, a plus d’influence de disco sombre, new wave et post-punk, et selon elle c’est « comme tout qui s’achève ensemble dans mon esprit et mon expression artistique : c’est comme une explosion ».

En plus d’être un auteur-compositeur et une artiste en scène occupé, Chrysta Bell fait sortir son talent puissant dans d’autres domaines comme être modèle et actrice. Sa plus grande réussite comme actrice a été un des rôle principaux dans la série de David Lynch Twin Peaks : The Return.

Nous avons eu beaucoup de chance de parler avec Chrysta Bell de son dernier album, sa passion pour les concerts en direct et l’énergie qu’elle gagne de ses différents publics, des concepts philosophiques qui l’émerveillent, travailler avec David Lynch et d’autres choses intéressantes.

Entretien : Dmitry Tolkunov

Bonjour Chrysta Bell! Merci de votre temps pour vous réunir avec nous. Il serait intéressant de savoir ce que vous avez fait ces derniers temps en relation avec la musique. J’ai entendu dire qu’il n’y a pas longtemps vous avez sorti votre nouvel album Feels Like Love et vos principales activités sont probablement en connexion avec ce travail ?

Bonjour! En ce moment, je me concentre principalement sur une tournée qui commencera dans quelques jours, qui sera appelée Time Never Dies, qui est aussi le nom d’une de mes chansons préférées de Feels Like Love. Time Never Dies c’est une espèce d’expression qui est particulièrement proche de moi et de ma personnalité. Je suis très intriguée par des pensées qui vont au-delà de l’horizon cosmique et des concepts tels que le temps et l’illusion du temps et les cycles de notre nature et de l’humanité : ces choses me maintiennent réveillée pendant la nuit. Time Never Dies c’est comme un résumé romantique de ce sentiment vertical de tourner en cercles. J’aime jouer avec ce genre de concepts.

Comment pouvez-vous décrire l’atmosphère principal de votre nouvel album ?

Feels Like Love est un album très cinématique pour moi qui a un peu de Hitchcock et de Kubrick et d’autres influences des films qui sont d’un côté terrifiants et troublants et d’autre côté sexy et mystérieux. Dans cette ligne d’une approche cinématographique, nous avons tout juste préparé une nouvelle vidéo pour la chanson Time Never Dies. Cette vidéo sera créée par le directeur polonais, Archon, avec qui nous avons déjà fait une chanson pour la chanson titre de l’album Feels Like Love et dans son travail nous allons nous plonger dans le monde du boucle de temps rétroactif et nous en explorerons le lien avec l’amour en nous laissant porter à travers différents cycles temporels.

Je puis dire que cette vidéo et toutes les choses sur lesquelles je suis centrée maintenant sont sur l’idée de Time Never Dies. Ceci peut être brutal ou transcendent en même temps, mais nous sommes dans son intérieur et c’est une partie de la nature de l’humanité. Tous ces cycles de problèmes pour la survie quotidienne, des moments de conscience transcendante, et alors être tirés vers l’inconscience et revenir de nouveau. Il s’agit des choses que j’aime beaucoup en ce moment et le sujet principal de l’album Feels Like Love qui est très frais et nouveau pour moi.

Comment vous sentez-vous par rapport à cette nouvelle tournée qui commence bientôt ?

En ce moment je suis à Texas, chez ma mère, au milieu de nulle part jouissant de la belle nature, le ciel, les arbres et en me reposant et récupérant un peu avant que ma tournée commence en Russie dans quelques jours et je suis très enthousiaste.

J’ai travaillé pendant tellement de temps et tellement dur sur cet album, et enfin je pars en tournée avec lui. J’adore être acteur-compositeur et travailler dans le studio aussi, mais être sur la scène et jouer votre musique pour un grand public c’est la meilleure sensation pour moi. Rien ne peut se comparer à cet échange littéral d’énergie avec le public : quand je peux regarder dans vos yeux et si vous êtes suffisamment proches je pourrai suer sur vous et nous pourrions échanger de l’ADN, ceci est vraiment ce qui m’allume et me fait continuer. J’aime vraiment m’enflammer devant un grand public. Il s’agit d’une expérience très intime pour moi et le moment le plus marquant de mon activité artistique. Vraiment, tout ce que je fais c’est pour pouvoir être sur la scène.

J’avais un sentiment après écouter Feels Like Love que vous avez changé votre direction musicale : votre son est devenu plus électrique et électronique si nous le comparons aux autres albums. Est-ce ceci une des raison, que vos travaux antérieurs était réalisés en collaboration avec David Lynch et que Feels Like Love est plutôt votre travail personnel et individuel ?

Bien sûr, c’est un peu dû à ceci. Mais c’est aussi un procès de découverte, comme dévoiler ton propre trésor quand vous êtes en un procès de proactivité en faisant de la musique et étant un artiste. J’ai en fait sorti plusieurs albums avant que David entre dans ma vie. J’étais la chanteuse principale dans beaucoup de groupes et nous avions sorti pleins de disques.

Quand David entra dans ma vie, il m’aida à faire mon début avec mon premier album solo This Train et puis avec le deuxième album Somewhere in the Nowhere.
Ma suivante aventure musicale était avec un producteur célèbre et respecté, John Parish, avec un son plus de blues, rock et jazz.

Dans Feels Like Love je fis servir tout ce que j’avais appris de travailler avec ces maîtres, d’être sur la scène et en tournée dans la route à plus de 30 pays et 95 villes, de travailler avec différents musiciens : c’est comme que tout culmine ensemble dans mon esprit et mon expression artistique, c’est comme une explosion. Je suppose que j’étais préparé pour ce décollage dans la stratosphère.

Quand j’ai préparé ce disque j’ai senti une libération absolue. Lors du travail de cet album, rien n’était hors limite. Je n’ai jamais eu la sensation de faire quelque chose de très extrême ou très loin de la direction musicale que je suis.

Tout était disponible et l’idée principale était de faire de la musique très forte que j’aimerais chanter devant le public, qui me ferait sentir sexy, puissante et prête à me lancer et qui m’offrirait la possibilité d’unir le public avec moi à travers ce portail. Pour moi, la raison principale d’aller voir un artiste c’est comme d’aller à une autre dimension et je pense que j’ai atteint ce but.

Mais tout ce que j’ai fait avant Feels Like Love est encore très cher pour moi. J’écoute encore This Train qui est le deuxième disque que je sorti avec David et je suis très reconnaissante d’avoir eu la possibilité de faire cette musique. Je joue encore des chansons de cet album dans mes spectacles en direct : elles sont très bonnes et très fortes et elles se mélangent très bien avec les chansons de Feels Like Love. Ainsi, en ce moment, mes spectacles en direct sont un mélange d’un dream pop très profond, post-punk, psychedelic rock et disco sombre. Je couvre beaucoup de territoires et vous aurez vraiment besoin d’une fusée musicale pour couvrir tout ce domaine. Et ça marche vraiment bien. Je me sens tellement satisfaite en jouant de la musique sur la scène.

En revenant aux deux albums que vous avez préparé avec David Lynch, il serait intéressant de savoir comment vous propagez vos rôles lors du procès créatif :  qui pensa aux idées de la musique, paroles, vidéo ? Est-ce que vous l’avez fait ensemble ou chacun d’entre vous était responsable de certaines parties ?

Notre danse créative fut établie le jour où nous fîmes connaissance. Et nous n’avons jamais essayé de la changer parce qu’elle se développa d’une façon naturelle. David m’écouta chanter, m’invita à son studio et me joua de la musique qu’il avait déjà fait. Nous étions assis, buvions du café, écoutions de la musique et David me demanda si j’aimais et je sentais sa musique. Je l’ai vraiment aimé et il m’a dit qu’il allait obtenir des paroles pour elle. Et à partir de ce moment, quand nous faisions quelque chose ensemble, David écrivait simplement les paroles dans le studio ou il descendait à son sous-sol où il a une caisse noire mystérieuse où il garde toute sa poésie, paroles pour les chansons, morceaux de scripts, et il amenait quelque chose de la caisse. Quand je lisais les paroles je commençais à entendre les mélodies pour elles dans ma tête.

Après dans la cabine de son, quand je chantais ces paroles, je me communiquais avec David à travers le casque. Après avoir chanté les pièces plusieurs fois, David faisait des lectures de quelques moments qu’il avait vraiment aimé, des fragments courts de 10 secondes et me demandait de donner plus de sentiment à la chanson que ce qu’il avait écouté dans les fragments. Parfois je n’y arrivais pas et parfois la chanson qui sortait de moi était la façon de chanter la plus belle que j’avais jamais réussi.

David était toujours patient avec moi, comme j’étais patiente avec lui et nous travaillions toujours jusqu’à avoir fini la chanson : c’était notre danse. Parfois on finissait en deux heures et demie, et parfois ça prenait sept ans. Mais nous aimions toujours ce procès créatif et être ensembles. Nous faisions de l’art ce que tous les deux vivons pour faire.

À part de faire une tournée avec votre nouvel album, est-ce que vous travaillez sur des projets supplémentaires intéressants ou sur des collaborations en ce moment ?

J’ai quelques autres projets aussi. Je prépare une chanson avec un groupe britannique incroyable, White Horses, pour leur nouvel album.

Je prépare aussi un disque avec un groupe français appelé Nouvelle Vague. Il est composé d’interprétations très peu communes de musique ré-imaginée de The Cure, qui sera faite d’une façon très intéressante, qui rappelle d’une certaine façon aux écouteurs aux bandes originales de Danny Elfman dans les films de Tim Burton. Ce projet sortira à un certain moment de l’année prochaine. Je dois encore enregistrer quelques chansons de plus après ma tournée de Time Never Dies.

Et je travaille sur un remix de 15 minutes pour une des chanson de l’album appelé Do You Think You Could Love Me qui explorera beaucoup de nouveau domaines et je donne une nouvelle vie et de nouvelles interprétations à la chanson.

Je fais aussi des séances photos, ce que j’aime vraiment beaucoup, à écrire de la poésie et à mon blog, à travailler sur des idées pour de nouvelles vidéos musicales et gérer mon label. Tout prend du temps et j’essaie de trouver un équilibre entre ces choses.

Selon ce que je sais, vous avez eu deux albums solo inspirés sur des reprises de chansons d’autres personnes Bitter Pills and Delicacies et Strange Darling qui ont été enregistrées mais ne sont jamais sortis. Est-ce que vous pensez que vous les partagerez avec le monde et donnerez à vos fans la possibilité de les écouter ?

Tout justement j’en parlais, il n’y a pas longtemps, avec David qui est le producteur exécutif de ces albums. La raison pour laquelle ils ne sont jamais sortis c’est que selon mon point de vue l’art doit se faire mais ne doit pas nécessairement être toujours partagé. Il y a beaucoup d’art qui sort mais qui ne devrait pas le faire.

Ces disques avaient leur propre destin bizarre. J’aime beaucoup chanter ces chansons anciennes que j’ai chanté sur ces disques, certains sont très proches et chers pour moi, mais il semble que ces travaux se sont détériorés un peu. Cependant, préparer ces disques fut une expérience très belle, lors du procès j’exerçais beaucoup de mes capacités techniques et j’apprenais à formuler. Quelques chansons de l’album avaient des structures avancées de 9 harmonies.

Et je suis vraiment très contente de l’avoir fait et très fière de cette musique et je puis dire que tout ce que j’ai appris en le faisant est dans mon nouvel album Feels Like Love d’une façon ou d’une autre. Feels Like Love a toute mon éducation de vie et de musique. C’est comme faire passer tout ce que vous faites en quelque chose de plus grand et brillant qui semble avoir ce que David appelle « le soutien de la nature ». Et il semble que Strange Darling et Bitter Pills and Delicacies n’avaient pas ce soutien et maintenant je ne sais pas s’il y aura un moment correct pour les sortir.

Vous sortez en tournée dans quelques jours avec un programme qui est fondé principalement sur Feels Like Love, ceci doit être vraiment passionnant. Si nous parlons de vos expériences antérieures en ce qui concerne les tournées autour du monde, est-ce que vous avez des villes ou des pays préférés avec lesquels vous êtes tombés amoureuse et que vous attendez jouer là-bas à nouveau ?

La chose la plus incroyable sur les tournées pour moi est la possibilité de sentir la culture du pays à travers la façon d’interagir du public avec vous et l’échange d’énergie que vous prenez de lui.

Je puis dire qu’en Russie cet échange d’énergie est différent à tout autre pays où j’ai été. Je dirais que vous pouvez sentir là-bas un très grand niveau d’excitation et d’enthousiasme et la présence d’un désir très beau pour l’art. Je résonne avec lui d’une façon très profonde et j’ai presque peur de la meilleure manière possible. Parfois je dois vraiment m’abandonner à ce niveau d’enthousiasme parce que je veux tellement satisfaire mont but pendant ces moments que ça retourne trop à moi. Pour les raisons qui soient en Russie, c’est toujours comme une précipitation de neutrinos et je m’élève beaucoup quand je suis là-bas. Ce fut intense depuis la première fois que j’ai eu un spectacle public en Moscou :  je sentis que les personnes sont vraiment proches à moi et qu’elles essaient d’arriver à moi et je sentis que je devais être capable de continuer. La Russie est spécialement intense.

En Italie, les choses sont aussi stimulantes, mais d’une certaine façon elles sont plus arrondies. Mais les gens là-bas captent mes ondes, qui sont proches à leur culture parce qu’elle est très féminine et très dramatique, et ils l’aiment vraiment beaucoup. Je résonne vraiment avec le public italien aussi.

Dans les pays scandinaves comme la Norvège ou la Finlande, où je vais souvent aussi, il y a une autre onde. Le public est plus froid et j’ai vraiment besoin de sentir leur chaleur pour bien jouer, et donc je dois créer cette chaleur moi-même.

Mais tous les endroits où je vais ont leurs propres personnalités et je me sens très heureuse d’avoir la possibilité de les explorer.

Merci beaucoup pour conversation intéressante et je vous souhaite un niveau approprié d’échange d’énergie avec le public dans votre nouvelle tournée.

Merci.

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