Leduc 022 : prototype d’avion de chasse français

René Leduc 022

Le Leduc 022 était le prototype d’un intercepteur français à puissance mixte construit au milieu des années 1950. Le concepteur René Leduc développait des avions à statoréacteur depuis avant la Seconde Guerre mondiale et avait piloté une série d’avions expérimentaux, le Leduc 0.10 et le Leduc 0.21, tout au long des années 1950 avant de remporter un contrat pour deux exemples d’intercepteur supersonique à courte portée armés de deux missiles air-air (AAM).

Destiné au combat, le 022 était capable de décoller d’une piste car il était équipé d’un turboréacteur supplémentaire, contrairement à ses avions précédents qui nécessitaient un avion mère pour les transporter en altitude car les statoréacteurs ne peuvent pas produire de poussée à l’arrêt. Le développement a été annulé par l’Armée de l’Air française en 1958 en raison de problèmes budgétaires alors que les essais en vol étaient en cours et avant que le deuxième prototype ne soit achevé.

En 1953, l’armée de l’air française a publié une spécification pour un intercepteur haute performance capable d’intercepter et de détruire toute menace aérienne après avoir décollé d’une piste en herbe de moins de 1 km. Elle commande deux prototypes d’avions 022S en concurrence avec les Nord Griffon. Leduc a utilisé une version plus puissante du statoréacteur qu’il développait depuis 1938 et a ajouté un turboréacteur pour permettre des opérations plus autonomes. L’air du statoréacteur était fourni par six conduits d’air entourant la section avant qui se vidaient dans l’intérieur creux du fuselage à double paroi où le carburant était injecté et enflammé par l’échappement d’une turbine à gaz Turbomeca Artouste.

Le 022S avait une configuration généralement similaire, à l’exception des ailes en flèche à 30° et du train d’atterrissage tricycle. Il a conservé l’épais fuselage monocoque en forme de tonneau et la section avant saillante abritant le cockpit en plexiglas transparent, mais a ajouté un radar à portée uniquement. La partie avant du nez formait une capsule de fuite pour le pilote. L’avion recevait environ 2 728 litres de carburant répartis entre le fuselage, les ailes et les réservoirs de bout d’aile. Son armement prévu se composait d’une paire de missiles guidés Nord AA.20 et de 24 roquettes anti-aériennes. Contrairement à tous les avions Leduc précédents, il était équipé d’un groupe motopropulseur turboréacteur-statoréacteur coaxial pour permettre un fonctionnement sans assistance. Le turboréacteur était initialement un moteur Turbomeca Ossau de 15 kN, mais celui-ci a été modifié pendant la construction par un SNECMA Atar 101G-3 beaucoup plus puissant de 31,3 kN.

Ce changement a amené l’avion à être renommé 022 et a permis d’augmenter le nombre de fusées à 40. Volé pour la première fois le 26 décembre 1956 avec la seule puissance d’un turboréacteur, le statoréacteur a finalement été tiré lors du 34e vol, le 18 mai 1957. Il atteint une vitesse de Mach 1,15 le 21 décembre 1957, mais fut endommagé peu de temps après lorsqu’il prit feu au décollage. La construction d’un deuxième prototype avait été annulée en octobre et le contrat d’essais en vol a été annulé le 13 février 1958 après 141 vols effectués. La guerre d’Algérie en cours consommait une plus grande part du budget militaire et le Dassault Mirage III, plus conventionnel, fut choisi pour répondre aux besoins en matière d’intercepteurs. L’annulation a marqué la fin des activités de développement d’avions de Leduc.

Pays d’origine : France

Constructeur : Bréguet

Ingénieur principal : René Leduc

Premier vol : 26 décembre 1956

Production : 2 exemplaires

Longueur : 18 210 mm

Envergure : 9 950 mm

Équipage : 1 pilote

Motorisation : 1× statoréacteur Leduc + 1× turboréacteur SNECMA Atar 101G-3

Vitesse maximale : 1 200 km / h (Mach 1.15)

Plafond : 8 800 m

Poids : 8 975 kg

Musée de l’Air et de l’Espace

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